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dimanche 20 mai 2012

Monsieur Lazhar: Le must du cinéma québécois

Petit catalogue de films sur l'école


(Et que les Québécois me pardonnent pour l'anglicisme utilisé dans le titre, d’usage courant en français !)

 Les films traitant l’école et les problèmes qui y sont liés sont nombreux dans la filmographie francophone…Je ne veux pas remonter trop loin (même pas à l’année 1987 où il y avait  le magistral Au revoir les enfants, film dont j'ai déjà parlé dans mon post Les films de 1987 et que je vais quand même utiliser pour mon affiche «Films-école» -voir en haut) et me borner à ce dernier siècle que nous avons entamé il y a encore peu. Je me souviens d’avoir été particulièrement choqué par le drame Ça commence aujourd’hui de Bertrand Tavernier (1999), puis l’histoire a continué avec le succès du film documentaire Être et avoir de Nicolas Philibert (2002)… un film  que pourtant tout le monde a oublié quand, deux ans après, Les choristes de Christophe Barratier avec la musique de Bruno Coulais ont fait leur apparition (2004). Le phénomène a été un véritable tsunami mondial car Les choristes et leur musique se sont glissés  partout dans le monde. En 2008, les petits écoliers ont été remplacés, pour une fois, par les ados d’un collège d’une ZEP dans Entre les murs de Laurent Cantet. Or, le point commun de tous les titres que nous venons de citer est  le genre dramatique… malheureusement dans l'acception du terme «dramatique» comme synonyme de tragique. Ne pouvait-on donc pas faire un film sur l’école sans pleurer ? se demandaient les enseignants qui, sous peine de se regarder le nombril, assistaient à ces projections en s’essuyant furtivement les yeux à la sortie. Pour nombre d’entre eux ce fut une libération le retour en force de la comédie sur le drame avec Le petit Nicolas (2009) de Laurent Tirard, suivi de Titeuf, le film (signé Zep, rien à voir avec la ZEP !) et sorti le 6 avril 2011 et presque en même temps L’élève Ducobu de Philippe de Chauveron sorti à peine quelques jours plus tard (le 25 avril). Mais quand cette tendance semblait s’installer, les Québécois lancent leur plus grand succès sur cette thématique et le film Monsieur Lazhar du réalisateur Philippe Falardeau fait fureur sur les grands écrans de toute la planète. Faut-il conclure -comme le titre du roman de Daniel Pennac- que le mot chagrin est indissociable du mot école ? Je laisse cette tâche aux psychologues, aux sociologues et aux amateurs philosophes… mon but étant simplement celui de commenter Monsieur Lazhar. Ce film, dont le scénario est l’adaptation de la pièce Bashir Lazhar d'Évelyne de la Chenelière, est un pari ambitieux, car la pièce était un monologue et le réalisateur a ajouté tout le reste.

L’histoire : Dans un collège de Montréal, l’institutrice Martine Lachance (Quelle odieuse ironie!) décide de se suicider et, profitant la pause de la récréation, se pend dans la salle où elle fait ses cours. Alertée par un élève qui est le premier à faire la découverte macabre, une institutrice peut quand même empêcher les autres élèves de voir le tableau ! Se pose alors la question du remplacement, et, comme tombé du ciel, un immigré algérien, Bashir Lazhar –rôle tenu par Mohamed Fellag– frappe à la porte au bon moment car, malgré les formalités qui doivent être suivies il sera embauché immédiatement par la Principale (au Québec, je pense que pour le chef d’un établissement scolaire on parle simplement de directeur -ou directrice dans ce cas- corrigez-moi si ce n’est pas correct !). On apprendra par la suite que Bashir a lui aussi son drame : Ayant dû quitter l’Algérie, menacé de mort à cause d’un livre que sa femme avait écrit et ne pouvant sortir du pays accompagné de sa famille, il doit se résigner à partir tout seul. Cependant, son épouse ainsi que ses deux enfants périront dans un incendie criminel provoqué par ceux qui avaient été dénoncés. Il devra subir l’humiliation de plaider devant une cour de justice pour faire valoir son statut de réfugié pour des raisons humanitaires. À la question « Mais on n’est plus dans les années 1990. On est revenu à la vie normale en Algérie… », Bashir réplique : « Rien n’est jamais tout à fait normal en Algérie ».

Monsieur Lazhar débute donc ses cours, mais le côté « choc culturel » ne va pas tarder à apparaître. Alors qu’il a donné un petit coup avec la paume de sa main sur la tête d’un élève indiscipliné il s’entend dire de la part d’une fille qu’il doit présenter ses excuses parce que –je cite textuellement– « Ici, on n’est pas en Arabie Saoudite ». La principale lui rappelle également l’interdiction absolue de toute forme de contact physique avec les élèves que ce soit pour les punir ou pour leur faire un câlin.

Signalons au passage que, si on doit définir Bashir Lazhar, c’est en précisant qu’il est bien éloigné de toute forme d’intégrisme et que le seul reproche que ses élèves peuvent lui faire, c’est son classicisme et son éducation un peu trop cartésienne : Il change la disposition des tables qui sont en demi-cercle par les files et les rangs traditionnels, et en plus – quelle horreur ! – il fait une dictée sur La peau de chagrin de Balzac, qui, d’après l’opinion des élèves, parle une langue plus proche du chinois que du français. Le premier contact ne semble pas, somme toute, très positif. Mais Bashir est optimiste et petit à petit il parviendra à « apprivoiser » sa classe.

J’arrête là le résumé du film et je ne veux pas aller plus loin, je pense que c’est suffisant et certains me diront que j’ai peut-être gâché l’intérêt ou le plaisir de le voir…j’espère bien que non ! Rien que les dialogues entre Bashir et ses élèves, sont, à eux seuls, un prétexte suffisant pour voir ce beau film qui me rappelle un peu –parmi tous les films que j’ai cités avant– Entre les murs. Sans pour autant oublier que les enfants de Monsieur Lazhar sont beaucoup moins turbulents (peut-être parce qu’ils sont plus jeunes et n’appartiennent pas à ce que l’on appelle un « milieu défavorisé ») ­que ceux de l’instit protagoniste du film de Laurent Cantet.

Et maintenant les compléments vidéo autour du film:
Aujourd'hui, (25 mai) j'apprends que la vidéo du film dans son intégralité a ÉTÉ ELIMINÉE de Youtube. J'élimine à mon tour le lien que j'avais mis au pied de la page, devenu inutile. Je souhaite quand même qu'un maximum de personnes en auront pu profiter...
Désormais, ceux qui voudront le voir devront utiliser d'autres moyens -probablement payants- mais j'insiste, ça vaut le coup !

Un extrait de la pièce Bashir Lazhar d'où est tirée le scénario du film.


La bande annonce du film:



La présentation du film par son réalisateur, Philippe Falardeau


vendredi 16 mars 2012

Intouchables: Le nouveau chouchou du cinéma français

Merci à mon élève Joan C. qui m'a permis d'écrire ce post quelques jours avant que prévu!
Inspiré de l’histoire vraie de Philippe Pozzo di Borgo et son auxiliaire de vie Abdel Yasmin Sellou, le jeune tandem de réalisateurs Olivier Nakache et Éric Toledano ont pulvérisé tous les records du cinéma français (du moins pour ce qui fait les recettes) grâce à Intouchables. Voir l’article du succès de ce film par ici.
Si vous n’avez pas encore vu le film, ce n’est peut-être pas une bonne idée de lire l’article de la Wikipédia, parce que l’on y trouve le résumé complet et intégral du film du début à la fin…il s’agit d’un spoiler (ou « gâcheur » comme proposent nos amis Québécois) en bonne et due forme !
Peut-être voudrez-vous également lire le roman autobiographique de Pozzo qui s’appelle Le deuxième souffle –prolongé à présent avec la suite de l’histoire, Le diable gardien– et dont la couverture prend désormais l’image des protagonistes du film. Sur ce blog vous trouverez un résumé, une critique et un petit extrait.

Voici la véritable histoire en trois parties :


L’Espagne a eu l’honneur d’accueillir la première mondiale (23 septembre 2011 au Festival international de San Sebastián).

Voir ici la séquence de la cérémonie avec le curieux pot-pourri de langues:


Pourtant, le film a été rebaptisé comme « Intocable » ce qui est une erreur car  ­- comme le dit Philippe Pozzo di Borgo -:
« Même le titre du film, Intouchables, est le bon. Et vous savez pourquoi ? À cause de la lettre S. Vous avez deux intouchables, paria chacun dans son genre, qui, pris séparément, sont infréquentables et, une fois ensemble, sont indestructibles ».
Si l’on m’avait demandé mon avis j’aurais respecté ce –s  du pluriel qui, en plus, s’ « entend » en espagnol ! Je me demande encore quel critère a fait traduire un pluriel au singulier... pourquoi ne pas changer carrément tout le titre? Dans les «traductions» de titres de film c'est un procédé classique et cela aurait été plus honnête! Bof...Traduttore, traditore, c'est bien connu...
Comme tout le monde sait, le film vient de décrocher le César du meilleur acteur attribué à Omar Sy pour son rôle de Driss, le sénégalais qui est l’aide-soignant de Philippe (François Cluzet), la performance de ce dernier étant également notable car ce n’est pas facile de jouer un tétraplégique…Demandez à Javier Bardem quand il a joué Mar adentro ! (Tiens, on a respecté la version originale du titre espagnol en français). Or, dans le film de Bardem on est en plein dans le drame tandis que Nakache et Toledano, en suivant les recommandations de Pozzo di Borgo, ont voulu faire une comédie sur une réalité qui inspire plutôt des larmes. Pour ce faire, le personnage de Philippe devait être présenté de façon à ne pas provoquer l’inéluctable sentiment de pitié que la vision d’un tétraplégique allait fatalement déclencher.

Omar Sy lors de la remise de son César :


Un pari audacieux que les deux réalisateurs ont su empocher grâce au côté « choc culturel » incarné par les deux protagonistes. À noter que ce choc culturel va beaucoup plus loin que l’origine des deux personnages où, bien entendu, on recherche le contraste absolu : Un blanc riche et cultivé et un noir pauvre sans formation…

Cependant des ponts vont s’établir, et la distance sera moindre que l’on ne l’aurait jugée de prime abord. Driss, à qui on aurait très bien vu installé dans la musique rap (d’un groupe comme Tandem, par exemple), raffole de Kool & The Gang et de Earth Wind and Fire ! Ceci dit, la distance avec la musique classique est toujours énorme mais… Pourquoi ce jeune banlieusard a-t-il des goûts musicaux qui remontent au bon jazz funk des années 1970 ? Et puis, pour ce qui est de la peinture, il est vrai que la scène où Philippe va finalement payer plus de 40000€ pour une toile où on ne voit qu’une tache rouge de sang sur un fond blanc est hilarante… (une situation qui rappelle sans doute la magnifique pièce de théâtre Art de Yasmina Reza) mais cela n’empêche pas de découvrir, peu après, Driss lui-même en train de se mettre à peindre de l’art « moderne », puis de « s’y connaître » et identifier parfaitement un Dali dans le bureau des Assédic.

Bref, la distance culturelle entre les deux hommes va s’amenuiser au fil de l’histoire et la complicité entre les deux sera leur meilleur atout pour devenir « intouchables » !

Pour finir, je réunis quelques séquences du film.

Tout d’abord, voici la bande annonce… :


Puis, les 2 séquences “musique”... 

Celle de la musique classique :


et celle du “Boogie Wonderland”  de Earth Wind and Fire:


Et finalement, la séquence du tableau avec la blague « Pas de bras, pas de chocolat » :


Je rajoute (deux jours plus tard) un complément qui me semble indispensable pour boucler ce petit post sur Intouchables : Quand j’ai parlé de la musique classique et du funk qui illustrent les goûts musicaux de chacun des protagonistes, j’ai commis l’oubli –impardonnable !!! – de ne pas parler de la musique originale du film, un véritable régal pour l’ouie, grâce aux belles harmonies du compositeur italien Ludovico Einaudi. Il s’agit de plusieurs pièces dont “Una mattina” et “Fly” sont ce qu’il y a de plus beau et plus émouvant (voir -ou plutôt écouter- en bas, s’il vous plaît). Je tiens donc à signaler qu’une partie importante du succès d’Intouchables doit être mise sur le compte de la BOF et du compositeur. 
Finalement je profite pour réparer un autre oubli important : 5% des bénéfices de ce film sont reversés à l’association Simon de Cyrène (site de l’association sur le lien) dont l’objet est de créer des lieux de vie partagés pour adultes handicapés et amis.

Merci à tous ceux et celles qui ont apprécié la grandeur de ce film.
Et maintenant, musica maestro Einaudi!
Fly est entendu dès le début du film...


Et la pièce Una mattina peut être entendue à la fin. Superbe!

jeudi 12 janvier 2012

Spécial il y a 25 ans. Les films de 1987


Tout d'abord je souhaite à tous mes lecteurs -avec un retard de 15 jours!- une bonne année 2012 et je les remercie chaleureusement car, un an après la création de ce blog (fin janvier 2011), j'aurai atteint le chiffre d'environ 5000 visiteurs, ce qui a dépassé largement mes prévisions et m'a obligé à continuer en dépit de ma première affirmation (je demande pardon pour m'auto-citer):
Encore un blog sur le fle! J'ai été amené à le construire à cause d'un cours de "moodle" où il s'agit d'une tâche obligatoire. Il faudra donc voir si je continue à le faire croître après car je n'aime pas trop encombrer le net (on s'y perd avec autant de trucs) mais sait-on jamais...
Eh oui, j'ai bien fini par devenir un autre accro des blogs, j'en ai découvert plusieurs d'excellents au cours des nombreuses recherches que tout blogeur doit effectuer pour élargir ses connaissances et réunir toutes les informations qui se trouvent éparpillées sur la Toile. Finalement un blogeur travaille souvent comme le constructeur d'un puzzle, jeu de patience où la récompense vient après le travail de recherche et d'assemblage de toute les petites pièces qui le composent.
Mais revenons à nos moutons, j'avais promis cette deuxième partie pour les films d'il y a 25 ans en m'occupant cette fois-ci de l'année 1987 - toutes les personnes qui sont nées cette année-là auront 25 ans en 2012, moi j'en aurai deux fois plus (snif, snif!) - et en reprenant la métaphore du puzzle je me suis trouvé face à un problème que je n'avais pas eu lors de mon premier article sur les films de l'année 1986: Dans tous les cas j'avais trouvé au moins un extrait de chaque film en guise d'illustration. Or, cette fois-ci, il me manque plusieurs pièces: Impossible de trouver une séquence vidéo -que ce soit sur Youtube ou ailleurs- pour certains des films de cette compile 1987. En réalité, ce manque d'intérêt pour le cinéma français à cette époque-là ne peut pas nous surprendre car -je cite le Box-office France 1987-:
Avec 136,9 millions de spectateurs, l'année 1987 marque un point bas (la baisse se poursuivra mais sera moins forte) de l'importante baisse de fréquentation du milieu des années 1980 qui sera suivi d'une phase de relative stabilité (1988/1995 - autour de 130 millions de spectateurs) (...) le cinéma français (...) connait une baisse sensible de sa part de marché à 36%, record de l'époque (la part de marché était précédemment autour de 45%).
Les «coupables» de cette baisse sont naturellement les chaînes privées (La Cinq, M6...) sans oublier le grand nombre de vidéoclubs qui font leur apparition à cette époque-là et qui en diffusant un grand nombre de films vont affaiblir le quota des spectateurs des salles de cinéma à partir de la seconde moitié des années 1980. 
Nous sommes donc dans une période creuse, ce qui semble expliquer le manque d'intérêt pour les films de cette époque-là. Il est vrai que parmi les 20 titres proposés, uniquement Au revoir les enfants et Le grand chemin peuvent être considérés comme le must de l'année et que le reste est assez éloigné pour ce qui fait la qualité artistique... Quoi qu'il en soit, le visionnage de tous ces autres films serait à recommander, même si le but n'est que de passer un moment agréable en oubliant les tracas de la vie quotidienne.
Bref, pour les films qui n'ont pas leur petite séquence vidéo sur Youtube -ou même pas d'article sur la Wikipédia!- je renvoie à la page cinéma-français.fr où, bien entendu, nous trouvons une excellente description de chacun des films en question.

Agent trouble de Jean-Pierre Mocky est un thriller d'espionnage basé sur un polar américain: The man who loved zoos. Avec, dans les rôles protagonistes, le tandem Catherine Deneuve et Richard Bohringer (que nous reverrons aussi dans Le grand chemin). La présence de Catherine Deneuve, même si le travail n'est pas à la hauteur de Le dernier métro, semble un atout suffisant pour voir ce film.

En voici un extrait


Les ailes du désir (Der Himmel über Berlin) est une co-production franco-allemande du réalisateur Wim Wenders. Histoire de deux anges qui se promènent dans les rues de Berlin (avant la chute du mur). L'un d'eux tombera amoureux d'une trapéziste et comme les anciens dieux de la mythologie décidera de renoncer à son immortalité pour assouvir son désir. Ce film me fait penser à un autre, beaucoup plus moderne de Luc Besson (Angel-A) où il est aussi question d'anges et d'histoire d'amour en employant la photographie en noir et blanc pour illustrer cette vision «angélique». Une curiosité du film est la présence de l'acteur américain Peter Falk, le célèbre Columbo, qui s'auto-interprète.



Claude Zidi, connu pour sa trilogie Les Ripoux (Les Ripoux, Ripoux contre Ripoux et Ripoux 3) mais surtout pour être le premier à avoir passé au grand écran la BD d'Astérix avec des acteurs en chair et en os (Astérix et Obélix contre César), est également le réalisateur d'Association de malfaiteurs, un film qui nous montre tout ce qui peut arriver quand des copains (anciens étudiants de l’H.E.C) ont l’idée de monter un canular destiné à un camarade un peu naïf –le raté du groupe– en lui faisant croire qu’il a gagné au loto. Puis ils voudront le tirer de l’embarras où ils l’ont mis quitte à devenir des fugitifs en cavale.


Nous arrivons au top de cette liste: Personne ne pourra nier qu'il s'agit du meilleur film de l'année et les 7 Césars avec lesquels il s'est vu récompensé (plus un Lion d'or à la Mostra de Venise, plus une nomination pour l'Oscar au meilleur film étranger) en disent long sur sa qualité artistique. Au revoir les enfants est donc le chef d'œuvre de Louis Malle basé sur des événements que le propre réalisateur avait vécus et qui le hantaient depuis des années. La réalisation du film sera une manière de se libérer, en partie, d'un traumatisme qui devait l'accompagner toute sa vie.
Janvier 1944. Dans le collège tenu par les pères Carmes, Julien un jeune pensionnaire y revient après la pause de Noël. C’est l’occasion de retrouver les camarades et aussi trois nouveaux, un desquels, Jean Bonnet sera son voisin dans le dortoir. D’abord repoussé par Julien et les autres (un nouveau n’était pas forcément bien accueilli) Jean finira par s’intégrer dans le groupe puis par devenir l’ami de Julien qui, fasciné par son intelligence, va l’étudier de près jusqu’à percer son secret : Jean Bonnet –de son vrai nom Jean Kippelstein– et les autres nouveaux sont en réalité des juifs cachés par le père Jean. Or, la France occupée regorgeait de collabos: Les enfants seront dénoncés et arrêtés, le collège fermé et le père Jean également déporté par la Gestapo. Le titre finalement choisi pour ce film se trouve dans la scène finale lorsque les enfants en s'adressant au père Jean lui disent « Au revoir, mon père » et celui-ci répond avec un ému « Au revoir, les enfants ».
  
25 ans après, un classique incontournable du cinéma français.

Basé sur le roman éponyme de Guy des Cars, romancier à "romans de gare", La Brute est quand même un travail intéressant ne serait-ce que par la fascination que le personnage central, Jacques Vauthier, peut exercer sur le lecteur/spectateur.  Aveugle et sourd-muet de naissance, il parvient malgré tout  à communiquer grâce à son intelligence (on se demande comment quelqu'un privé de tout ça peut développer son intellect, mais soit...) et à écrire, en braille, son autobiographie. Lors d'une croisière il sera surpris après un crime,  l'arme -un coupe-papier- à la main, complètement maculé du sang de la victime qui faisait la cour à sa femme. Difficile de croire à son innocence dans ces conditions-là... Un avocat va pourtant tenter le pari d'accepter son dossier. À signaler que le rôle de l'épouse est jouée par l'actrice catalane Assumpta Serna. Je suis vraiment désolé de ne pas pouvoir offrir un petit extrait de ce film, mais, comme je l'ai indiqué avant, il s'agit d'un de ces films pour lesquels aucune vidéo n'est disponible. Merci de me contacter pour combler la lacune au cas où quelqu'un pourrait en afficher une petite séquence.


Champ d'honneur, de Jean-Pierre Denis (ne pas confondre avec Champs d'honneur, d'Olivier Vinuesa en 2005) est aussi un film de 1987 qui nous raconte l'histoire de la rencontre entre un soldat français et un petit garçon prussien tous les deux perdus au milieu de la guerre de 1870 qui opposait les deux camps.
Et voici la bande annonce d'Allo-Ciné, la référence universelle pour le cinéma:


Comédie! (pas de lien sur Wikipédia, voyez plutôt par là) de Jacques Doillon est une comédie plutôt dramatique dans laquelle Jane Birkin et Alain Souchon tiennent les rôles principaux. Ceci dit, rien d'étonnant que la BOF soit le seul document «vidéo» que nous trouvons. Ce duo peut être écouté également sur l'album Ultra moderne solitude (1988).


Basé sur le roman de Françoise Sagan, De guerre lasse de Robert Enrico (voir le résumé de l'histoire par là) est également un film de guerre à l'époque de la Résistance, mais il parle plutôt des passions humaines du trio protagoniste (Nathalie Baye, Pierre Arditi et Christophe Malavoy). Un film où la critique n'a pas été très favorable que ce soit les spécialistes où les spectateurs (une moyenne de 2/5 selon les commentaires d'AlloCiné) ce qui expliquerait peut-être l'absence de documents vidéos sur la Toile.


Toujours la guerre, mais Fucking Fernand -surtout avec un titre pareil!-  nous dit clairement que nous sommes en pleine comédie et qu'il s'agit d'un film pour s'éclater, un point c'est tout. Fernand (Thierry Lhermitte) est un aveugle qui rêve aux plaisirs de la chair qu'il n'a pas encore eu l'occasion de connaître car il vit chez les bonnes sœurs de l'Institut du Bon Pasteur depuis le début de sa cécité à l'âge de 8 ans. Il sera aidé  pour cela par son compagnon de circonstances, un truand en cavale appelé André Binet (rôle joué par Jean Yanne) qui l'emmènera dans une maison close.

La bande annonce de ce film


Nous arrivons à présent à l'autre sommet de ce recueil des films d'il y a 25 ans. Le grand chemin avait été nommé pour le César 1988 au meilleur film, finalement remporté par Au revoir les enfants comme nous avons déjà vu, cependant il avait obtenu  celui du meilleur acteur pour Richard Bohringer et celui de la meilleure actrice pour Anémone. L'histoire se passe en 1959 à Rouans, un petit village de la campagne nantaise. Claire est la mère de Louis -un garçon de 9 ans- mais elle se trouve enceinte et séparé du père. Pour pouvoir accoucher tranquillement elle décide de déposer son fils chez une amie d'enfance, Marcelle (Anémone). La vie au village sera d'abord un choc pour le petit Parisien, mais très vite il deviendra l'ami de Pelo (Richard Bohringer) le mari de Marcelle et surtout de Martine, la petite voisine, une fillette de son âge -beaucoup plus espiègle que lui- qui lui fera découvrir des tas de choses qui fascinent les gosses de cet âge. Mais sa plus grande découverte sera le secret caché par le couple Marcelle-Pelo. Au final, comme le dit l'affiche du film, «Le bonheur est dans le pré».

Une séquence du début du film. À ne pas regarder si vous aimez Bugs Bunny!


Comme la Wikipédia n'offre qu'un résumé très superficiel de Les innocents, d'André Téchiné, je renvoie par ici à l'article beaucoup plus détaillé de la page cinéma-français.fr. Même si ce drame n'est pas à la hauteur du mythique Ma saison préférée, tourné 6 ans après, il aurait bien mérité une petite place parmi les vidéos de Youtube , Dailymotion, etc. ou, du moins, avoir la possibilité de regarder la bande annonce sur la page d'AlloCiné qui a laissé cet onglet vide. Par contre, si vous sous contentez des photos vous pourrez les voir sur ce site consacré au réalisateur mais surtout à l'acteur Simon de la Brosse -qui s'est suicidé en 1998 et qui jouait le rôle de Stéphane dans le film- (voir par là).


Josiane Balasko dirige et interprète Les keufs, une comédie où elle joue le rôle d'une inspectrice de police très particulière qui n'hésite pas à se déguiser de prostituée pour s'infiltrer dans les réseaux de proxénètes. Elle se verra dans une situation délicate quand l'un de ceux-ci décidera de se venger d'elle en l'accusant de corruption à l'IGS (la police des polices). Écartée de l'affaire, elle devra se débrouiller toute seule. Elle comptera cependant avec la collaboration d'un inspecteur de race noire, Blaise Lacroix -Isaac de Bankolé- qui avait joué le rôle de mac et qui finira par devenir son amant. Un autre des rôles de ce film est joué par le regretté Ticky Holgado. Bref, une comédie qui a tous les attributs pour nous procurer une heure et demie de plaisir.

Ici une séquence avec Jean-Pierre Léaud, le patron de Josiane Balasko


Lévy et Goliath se situe également dans le groupe de comédies policières à rebondissements, avec des flics déguisés, des méchants "très méchants", des filles aux mœurs légères et tutti quanti. Lors de son mariage, Moïse Lévy, un juif orthodoxe qui travaille pour un diamantaire, revoit après plusieurs années son frère Albert qui, lui, a renié de la foi juive. La rencontre ne se passe pas trop bien, trop de choses éloignent les deux frères qui se quittent froidement. Plus tard, le destin changera quand au cours d'une livraison de poudre de diamants, des trafiquants de drogue profitent des bagages de Moïse pour y cacher de la cocaïne. Les deux substances étant visuellement identiques le quiproquo est servi. Poursuivi par le gang des dealers (dont le chef n'est autre que le "méchant" Goliath) Moïse devra se "déguiser", et pour cela abandonner ses vêtements de juif orthodoxe, en se laissant aider par une prostituée et par son frère qui vient à son secours. Bientôt, il adoptera les points de vue de ce dernier et se laissera séduire par une belle beurette prénommée Malika. Une fin tout à fait prévisible, mais, une fois de plus, il ne faut pas oublier ni le genre du film ni son époque! Certains des détails évoquent un plus vieux film de Gérard Oury, le réalisateur, je parle naturellement de  Les aventures de Rabbi Jacob (1973) avec Louis de Funès. Or, Lévy et Goliath serait plutôt le revers du premier film où pour échapper à la poursuite il fallait se déguiser en rabbin...

Ici, la bande annonce du film


Maladie d'amour -article vide pour ce qui fait le synopsis sur la Wikipédia (voir plutôt par là)- est un drame qui nous raconte ce qui se passe quand un jeune interne d'hôpital, Clément (Jean-Hugues Anglade), affecté au département de cancérologie, a la mauvaise idée de tomber amoureux de Juliette (Natassja Kinski), la fiancée  de son supérieur, le professeur Raoul Bergeron (Michel Piccoli). Quand ce dernier apprend la liaison il n'hésitera pas à briser la carrière de son subordonné. Clément et Juliette s'enfuient, mais celle-ci sait bien qu'elle est un obstacle pour l'avenir de Clément et décide à contrecœur de le quitter, malgré l'amour qu'elle ressent pour lui, et rejoindre Raoul. Clément, quant à lui, va refaire sa vie. Le temps s'écoulera puis, le vieux professeur finira par se rendre à l'évidence et diagnostiquer le mal qui touche son épouse: Celui-même du titre!

Ici, la séquence finale du film. À ne pas regarder si vous voulez le voir en entier!


Philippe Noiret incarne l'inspecteur Molinat, dans Noyade interdite, un film policier où il devra enquêter dans une petite station balnéaire de l'Atlantique (le film a été tourné à Saint-Palais-sur-Mer et dans les alentours de Royan) quand un cadavre apparaît sur la plage. L'inspecteur devra partager son enquête avec un confrère, Leroyer, qui est venu en principe pour l'aider mais qui va enquêter aussi sur le passé de Molinat. Or, celui-ci avait eu une liaison sentimentale avec une jeune fille, Élisabeth, (Élisabeth Bourgine) qu'il avait protégée, 10 ans auparavant, quand il avait fermé les yeux face à une escroquerie immobilière dans laquelle elle s'était impliquée. L'apparition d'un deuxième cadavre puis d'un troisième va ajouter de la pression à une affaire déjà assez chauffée. Molinat aime bien visiter la villa qu'Élisabeth partage avec deux autres jeunes femmes -pour pouvoir la revoir- mais au même temps il sent bien qu'elles lui cachent quelque chose...

Voici la bande annonce:


Dans L'œil au beur(re) noir (sic), Rachid (interprété par Smaïn) a une drôle de stratégie pour draguer avec les filles qui l'intéressent: Il envoie deux complices pour les agresser et il apparaît juste à temps pour les "sauver"! Or un jour qu'il utilise ce stratagème pour la énième fois, en voulant séduire la belle Virginie, l'affaire tourne mal: Ce sont les soi-disant agresseurs qui se font tabasser et c'est un vrai sauveteur qui apparaît cette fois-ci, Denis, un jeune peintre antillais aussi fauché que Rachid. Le black et le beur (d'où le jeu de mots facile du titre du film) vont devenir amis malgré la rivalité qui les oppose puisque tous les deux sont tombés amoureux de Virginie et vont se mettre à la recherche d'un appartement car la jeune fille , qui est prête à les aider, travaille comme agente immobilière pour son beau-père. Cependant les parents de Virginie partagent les préjugés contre les "bronzés de naissance". Une situation qui nous rappelle la chanson de Zebda, Je crois que ça va pas être possible: À propos, merci pour être de retour!
La vidéo de la bande annonce apparaît sur quelques pages (voyez par exemple celle-ci) mais sans fournir de code pour l'insertion.


Bertrand Tavernier est le réalisateur de  La Passion Béatrice, ce drame de famille du Moyen Âge, tourné dans le château cathare de Puivert (dans la région de Quercorb, département de l'Aude) est un film historique qui retrace la malédiction d'une famille, les Cortemart, le patriarche de laquelle, François (Bernard-Pierre Donnadieu), avait été marqué depuis tout petit par la violence de l'époque. Beaucoup plus tard, il part à la guerre (début de la guerre de Cent ans) avec son fils et ils sont faits prisonniers des Anglais à la bataille de Crécy. Sa fille Béatrice (Julie Delpy) fera alors l'impossible pour payer la rançon et ainsi délivrer son père et son frère. Mais François a trop souffert et il est marqué à jamais, toutes les horreurs qu'il a absorbées l'ont transformé en un monstre capable des pires abominations comme le constatera la pauvre Béatrice. La fin est aussi totalement prévisible.

La bande annonce sous-titrée en espagnol.


Arrivés à ce point, on se demande où est Gérard Depardieu puisqu'il n'est pas encore apparu...Si, si, le voilà: Dans Sous le soleil de Satan c'est lui qui tient le rôle protagoniste de l'abbé Donissan. Le film n'est rien d'autre que l'adaptation du roman homonyme de Georges Bernanos, véritable chef d'œuvre de la littérature française du  XXe siècle (1926). Un grand nombre de critiques ont souligné que le film ne pouvait pas être au même niveau que le roman (toujours l'éternelle dispute entre cinéma et littérature) et que l'adaptation était, somme toute, assez plate ne permettant pas aux acteurs de briller. De toute évidence, ce n'est pas ce que Depardieu a fait de mieux ni non plus le rôle de Mouchette (Sandrine Bonnaire qui jouait aussi dans Les innocents, voir plus haut). Le film a pourtant remporté la palme d'or au festival de Cannes en 1987...sous les sifflets du public de journalistes qui avaient parié pour le film Les ailes du désir dont j'ai déjà parlé. Maurice Pialat, le réalisateur, leur réplique, en levant le poing: «Si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus». La polémique dure encore 25 ans après: Lisez cette critique sur AlloCiné par exemple! Enfin, je pense qu'il ne faut pas exagérer tout de même! Le film ne méritait peut-être pas la palme d'or, mais de là à dire qu'il s'agit d'un navet...

Une séquence de ce film sur lequel les avis sont partagés...


Tandem est un film de Patrice Leconte pour lequel celui-ci a gagné le César au meilleur réalisateur. Le tandem qui donne le titre à cette comédie dramatique est celui formé par Bernard Rivetot (Gérard Jugnot qui n'avait -jusqu'à la date- interprété que des rôles comiques) et Michel Mortez (Jean Rochefort). Depuis 25 ans, Rivetot est l'homme à tout faire de Mortez, la star radiophonique du jeu «La langue au chat», il le conduit dans sa vieille break Ford  de village en village et prépare toute l'intendance pour assurer le succès de ce programme radiophonique. La routine semble installée entre les deux hommes lorsque Rivetot apprend que l'émission va être supprimée. Sachant à quel point ce jeu radiophonique signifie tout pour Mortez, Rivetot fera l'impossible pour lui cacher la vérité et ira jusqu'à simuler une émission qui en fait n'est pas diffusée. L'émission radiophonique de ce film s'inspire en réalité du célèbre concours de France Inter «Le jeu des 1000 francs» et son présentateur Lucien Jeunesse qui n'avait pas trop apprécié la version caricaturale que faisait de lui  Jean Rochefort dans ce film.

Une séquence enregistrée directement sur un poste de TV, mais c'est déjà ça!


Et le dernier de la vingtaine de titres de l'année 1987 est Travelling avant de Jean-Charles Tacchella où nous retrouvons Simon de la Brosse que nous avions déjà vu dans Les innocents (voir plus haut). Travelling avant est -avec ce titre, ça ne pouvait en être autrement- un hommage au cinéma, un peu dans la lignée que deux ans plus tard les Italiens ouvriront avec Cinéma Paradiso. 1948, Nino (premier rôle de Thierry Frémont) monte à Paris  parce que c'est là où il peut assouvir sa passion de films. Il rencontre Donald (Simon de la Brosse)  dans une salle de banlieue et l'amitié va naître entre les deux cinéphiles. Donald, un jeune comme lui, mais issu d'un milieu aisé, rêve de devenir réalisateur. Nino voudrait pouvoir ouvrir son propre ciné-club mais c'est un fauché... ce qui explique pourquoi c'est toujours Donald qui séduit les jeunes filles, comme Barbara  (Ann-Gisel Glass) qui se croise sur le chemin des deux camarades. Si Barbara s'éprend de Donald, pour ce dernier elle ne signifie rien d'autre qu'une simple aventure.  Nino, de son côté a connu Janine (Laurence Côte), une ouvreuse dont l'oncle pourrait leur céder un soir par semaine une salle de cinéma.
Encore un film que personne n'a affiché sur le Net. Si quelqu'un possédant ce film avait la gentillesse d'en afficher un extrait ou la bande annonce, ça me ferait bien plaisir!




samedi 29 octobre 2011

Spécial Il y a 25 ans. Les films de 1986


Suite logique de mon post antérieur, dans celui-ci je vous présente une sélection des films français -ou de co-production française- de l'année 1986.
Pour ce qui est des films, «La date de naissance» est parfois difficile à établir: Parle-t-on de la date de réalisation? De la date de sortie? J'ai choisi ce dernier critère pour confectionner cette liste car la majorité des films ne sortent pas forcément l'année de réalisation mais plutôt l'année suivante, ou parfois même plus tard.
Il y a sur la Toile de bonnes adresses avec la liste complète des films (réalisés dans ce cas-là en 1986) et entre parenthèses la date de sortie: Voir ici.
Ou bien, une autre adresse qui offre également des liens vers la fiche détaillée de ces films avec, en prime, l'affiche qui illustre tous les films un par un: Voir par là.
Finalement pour ne pas faire trop lourd, je passe également ce dernier lien sur le box-office de l'année 1986, où nous trouvons la liste de tous les films (français et étrangers) qui ont réussi à dépasser le million d'entrées cette année-là. On y trouve aussi l'information suivante: «Cette année, 372 films sortent sur les écrans...». Ouf! Quant à moi, je me suis limité à 20 films en prenant comme critères la qualité artistique et / ou le nombre d'entrées.
Encore une fois ma liste est ordonnée alphabétiquement, les articles n'étant pas pris en compte. Bien entendu, l'ordre chronologique aurait compliqué les choses pour essayer de trouver la date "exacte" de chaque film...

Pour commencer, 37°2 le matin , un film de Jean-Jacques Beineix. Un de ceux, nombreux, qui partagent l'étiquette de «film-culte».
Le curieux titre est une référence à la température normale, au réveil, d'une femme enceinte.


Un film d'animation, Astérix chez les Bretons, une co-production franco-danoise a été réalisé en 1986 par Pino Van Lamsweerde. Le film s'étant inspiré, bien entendu, de l'album éponyme du héros gaulois le plus connu du monde entier, mais avec pas mal de changements par rapport à la BD. Ajoutons, comme curiosité, que les séquences où apparaît le pirate noir avaient été censurées par la télévision britannique, celle-ci les jugeant comme "un stéréotype raciste". On a l'impression d'avoir trop entendu cette musique-là: Devons-nous, à présent, brûler notre album Tintin au Congo?


Thomas Gilou dirige le magistral et regretté Jacques Villeret dans une comédie intitulée Black Mic Mac. Oh, oui... les stéréotypes "racistes" sont encore présents pour ceux qui aiment chercher la petite bête! Les autres y voient une comédie amusante, un point c'est tout.


Francis Girod avait signé en 1986 Descente aux enfers, un film qui fait monter la température, car en Enfer, commme tout un chacun le sait, il fait chaud, mais si c'est en compagnie de Sophie Marceau, la température augmente encore ;-)
Si descendre aux enfers avec elle vous tente et que vous voulez la voir dans son bain, allez par là. (Cette vidéo ne fournit pas le code pour l'insertion).



















Encore un film de l'admirable Jacques Villeret: Les frères Pétard du réalisateur Hervé Palud a vu le jour en 1986. La comédie étant le registre où l'acteur se sentait plus à l'aise, le futur François Pignon du Dîner de cons, avait tourné 4 films au total cette année-là!


À propos du personnage «François Pignon» de Francis Veber, nous allons en trouver un «exemplaire» dans Les fugitifs, un film  où le dénommé Pignon sera interprété par Pierre Richard qui jouera à côté de Gérard Depardieu. Une autre comédie à se tordre de rire.


Toujours dans les comédies, La gitane, de Philippe de Broca, récolte pas mal de succès en racontant une autre histoire où les chercheurs de stéréotypes racistes auront toujours à redire...la gitane du film étant une voleuse! Que dire? À ces personnes-là je ne leur recommande surtout pas de lire les premières lignes de la nouvelle La gitanilla (wiki en espagnol) de Miguel de Cervantes !(wiki en français). Sauf s'ils tiennent vraiment à souffrir d'une crise cardiaque!


 Je réunis à présent 2 films en une seule entrée car ce sont les 2 volets d'une même histoire et aussi parce qu'il s'agit, pour moi, du meilleur qui a été produit en 1986. L'adaptation magistrale de l’œuvre de Marcel Pagnol, L'eau des colines, dans ses deux parties: Jean de Florette et Manon des sources, les deux réalisées par Claude Berri avec un bon nombre des monstres sacrés du cinéma français réunis dans une histoire touchante -l'esprit de Pagnol a été admirablement conservé- où les acteurs ont produit une performance magique.
Croyez-moi, dans ces 2 films tout est bon! Et surtout on ne se lasse pas de les revoir. 25 ans après, ça vaut toujours le coup: Faites-en l'expérience!

Jean de Florette (avec Gérard Depardieu dans le rôle de Jean)


Manon des sources (avec Emmanuelle Béart dans le rôle de Manon)


Vous aimez la musique brésilienne? Et les paysages de l'Île d'Yeu? Dans ce cas allez voir Maine Océan. Le titre de ce film de Jacques Rozier est le nom du train Corail où les personnages vont tout d'abord se rencontrer avant de s'embarquer pour l'île d'Yeu.
Toujours de la comédie mais avec des réflexions intéressantes sur la condition et les passions humaines.


En 1986, Leos Carax nous offre Mauvais sang, un drame qui mélange histoires de gangsters, poésie, science-fiction... et j'en passe- en réunissant le même tandem (Denis Lavant et Juliete Binoche) que nous retrouverons 5 plus tard, dirigés par le même réalisateur, dans Les amants du Pont-Neuf (film  beaucoup plus apprécié par les critiques que Mauvais sang et curieusement plus coté à l'étranger qu'en France!).


Quand on parle de cote, si quelqu'un peut prétendre avoir une cote d'enfer comme réalisateur, c'est sans doute Alain Resnais, détenteur du meilleur palmarès des Césars. Pourtant, son film Mélo -qui s'inspire de la pièce de théâtre homonyme du dramaturge Henri Bernstein- a dû se contenter cette année-là d'être simplement nommé et a été devancé par Thérèse d'Alain Cavalier, dont je parlerai plus loin. Sabine Azéma (meilleure actrice) et Pierre Arditi (meilleur second rôle) ont obtenu néanmoins les récompenses respectives lors des Césars 1987 pour leurs rôles dans Mélo.

Ici, un court extrait avec Fanny Ardant et Pierre Arditi :


Le professeur de sémiotique Umberto Eco décide de se lancer dans la carrière de romancier en 1980 avec Le nom de la rose (Il nome della rosa) qui devient tout de suite un des plus grands monuments de la littérature du XXe siècle et qui, dans la foulée, va remettre au goût du jour le roman historique. J'ai l'impression que depuis Le nom de la rose, absolument tous les écrivains (les bons, les moyens et les médiocres) se sont précipités sur ce filon, apparemment inépuisable...
Le succès étant si immédiat et foudroyant, l'adaptation cinématographique ne pouvait pas manquer et Le nom de la rose (Der name der Rose) de Jean-Jacques Annaud apparaît six ans plus tard. Le film gagnera le César au meilleur film étranger, compte tenu qu'il s'agit d'une co-production franco-italo-allemande, avec, dans le rôle principal, un Sean Connery qui signera sans doute la meilleure performance artistique de toute sa carrière.
On entend souvent qu'un roman excellent peut donner un film médiocre. Ce n'est pas le cas de Le nom de la rose. Et s'il ne faut jamais comparer le langage littéraire avec celui du cinéma, car ce dernier perd une quantité importante de détails que l'on ne peut pas conserver dans l'adaptation, il faut quand même rétablir l'équilibre entre les deux langages et récompenser l'effort que les metteurs en scène doivent faire pour raconter une histoire d'environ 500 pages en 2 heures.
Bref: Chapeau maestro Eco, Chapeau maître Annaud.


En 1985, Josiane Balasko et Michel Blanc avaient fait la mise en scène et joué dans la pièce de théâtre Nuit d'ivresse. Un an après, Bernard Nauer en fait l'adaptation cinématographique (Nuit d'ivresse, le film) en reprenant Josiane Balasko, cette fois-ci accompagnée de Thierry Lhermitte. Une comédie -mais avec des notes amères- qui raconte parfaitement ce que le titre décrit: La péripétie nocturne d'un couple complètement différent et dont la rencontre -autrement impossible- est conséquence de l'intoxication éthylique des deux protagonistes.


Mélange de drame et de fantastique, Le passage de René Manzor est surtout un essai d'Alain Delon -protagoniste, producteur et co-scénariste de ce film- pour récupérer le prestige perdu durant ces années 1980, suite logique d'une série d'échecs de public et de critique qui l'amènent à vouloir renouveler son image (voir article détaillé sur la Wikipédia). Malgré tous ses efforts, Alain Delon , qui comme dans le film aurait voulu trouver la lumière au bout du tunnel, doit se contenter, une fois de plus, d'une réussite partielle probablement inférieure à celle qu'il souhaitait. Uniquement le générique chanté par Francis Lalanne (frère du réalisateur de ce film) connaît un vrai succès.


Un film de pirates, appelé simplement comme ça (Pirates, en anglais et en français) est sorti en 1986. Il s'agit d'un coproduction franco-américaine du toujours polémique -ou, du moins, objet de controverses en permanence-réalisateur Roman Polanski. Et tout cela parce que les Américains n'ont pas dans leur droit pénal la figure juridique de la prescription, ce qui fait que monsieur Polanski soit toujours réclamé par la justice américaine pour un délit (viol sur mineure) de l'année 1977 ! Comme quoi, certains Français Devraient Se Kalmer avant de voyager aux USA. (Oui, je sais, elle est mauvaise ma blague...).
Le film, quant à lui, a obtenu un nombre d'entrées légèrement inférieur à celui d'Alain Delon que nous venons de commenter. En revanche, l'investissement (le côté américain) a été beaucoup plus lourd. Pour l'anecdote, disons que le galion espagnol du film, Le Neptune, a coûté 1 an de travaux et 8 millions de dollars et qu'il avait été assuré pour 30 millions!

Les films d'Éric Rohmer ressemblent parfois à des documentaires car ce réalisateur renonçait au scénario écrit classique (qui chez lui disparaît) et demandait aux acteurs de jouer librement sur un canevas qui leur laissait toute la liberté possible pour ce qui est de l'improvisation et de  la spontanéité. Le film se construisant ainsi petit à petit, il devenait plus vraisemblable pour le spectateur que les films classiques qui se limitent à répéter un scénario connu à l'avance.  
Le rayon vert est le cinquième film sur six de la série Comédies et Proverbes. Le titre est une allusion au phénomène optique et atmosphérique, qui, par temps clair, se produit à l'horizon marin avec le tout dernier rayon de soleil qui est perçu comme un bref éclair de lumière verte.
Chose rare sur Youtube, le film a été  affiché intégralement par quelqu'un qui doit avoir des privilèges spéciaux. De plus, avec le bouton "CC" il est possible d'avoir des sous-titre en anglais ou en espagnol. Le voici:

(Explication du phénomène vers la minute 57)

Le thème de l'homosexualité et son traitement -très osé il y a 25 ans, il suffit de lire l'affiche en bas- par Bertrand Blier a choqué les critiques et le public de l'époque. Le pari était lourd, mais Blier s'en est parfaitement sorti avec le travail de Gérard Depardieu, de Michel Blanc et de Miou Miou dans le film Tenue de soirée. Ce film raconte comment un couple qui a touché fond  -Antoine et Monique- (Blanc et Miou Miou) est «remonté» par un type dur -Bob- (Depardieu). Ce dernier étant homosexuel, il réclamera des relations à Antoine qui finira par accepter, encouragé par sa compagne, reconnaissante après avoir constaté que son niveau de vie s'était amélioré grâce à Bob. Finalement, Antoine avouera à Monique «qu'il aime ça»... La séquence vidéo présente justement ce moment de la relation du trio.


Nous arrivons à présent au film qui a remporté le prix du jury au Festival de Cannes et, l'année suivante,  le César du meilleur film réalisé en 1986: Thérèse d'Alain Cavalier, une adaptation très libre de la vie de la carmélite Sainte Thérèse de Lisieux (aussi connue comme sainte Thérèse de l'Enfant Jésus). Le film a sans doute mis mal à l'aise un certain secteur de l'Église car Cavalier -qui a gagné également le César au meilleur réalisateur pour ce travail- y questionne la sainteté de la religieuse.

Et le dernier film de la liste: La comédie Twist again à Moscou de Jean-Marie Poiré qui nous offre les typiques poursuites que les héros de ce film devront subir de la part des «méchants» du KGB. Après tout, en 1984 (date de l'action, soit 2 ans avant la sortie du film) le mur de Berlin n'était pas encore tombé! Et la Russie c'était l'URSS. Le générique du début du film va  aussi transformer les noms des interprètes principaux pour leur donner une sonorité soi-disant «slave». ainsi nous trouvons dans les rôles principaux «Philippe Noiretov», «Christian Clavierov» ou encore «Agnès Soralsky».
C'est tout. J'espère que je vous aurai donné envie de (re)voir certains de ces films. 25 ans après, si un film est bon il continue à l'être!