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vendredi 20 janvier 2012

Non à la fermeture de Megaupload !


Monsieur Sarkozy : Les personnes normales nous ne nous réjouissons pas.

Un tout petit post pour me solidariser avec les représentants de Megaupload et d’autres sites d’échange de fichiers sur Internet. Cette intervention de la part du FBI représente un attentat à la liberté et à l’esprit de solidarité du Net. En écoutant les déclarations de Nicolas Sarkozy (qui se réjouissait de la fermeture du site et traitait les responsables de criminels) je ne peux que me révolter contre la bêtise humaine dont le Président français –Président pas pour très longtemps…– nous offre un superbe échantillon. Voir par là l’excellent article du journaliste Frédéric Martel qui analyse sur son blog (prolongement de son dernier livre J’aime pas le Sarkozysme culturel, Flammarion. 2012) l’une des nombreuses gaffes de Sarko.

Ici la vidéo de la nouvelle :

Quel sera le prochain pas ? Allons-nous fermer Youtube parce qu’il y a trop de documents protégés par des droits d’auteur ? Et tant qu'on y est, pourquoi ne pas adopter la politique de certains États dictatoriaux comme la Corée du Nord (la dictature la plus féroce de toute la planète) et interdire carrément tous les contenus d’Internet ? Là-bas les gens n’ont pas accès à la Toile, il n’y a qu’une sorte d’Intranet où tout est filtré et contrôlé par l'appareil politique comme l’avait prévu George Orwell dans 1984. Je pense que les gouvernements ont beau dire, mais ils aimeraient bien nous traiter -et surtout nous contrôler- comme Big Brother faisait avec ces citoyens...et le pire est que nous sommes sur le bon chemin pour y arriver si tout continue comme ça.
Alors moi, quitte à me faire traiter de « pirate », je suis avec la « Résistance » (lire Anonymous).


PARTAGER SUR INTERNET EST UN DROIT, CE N’EST PAS UN CRIME.




jeudi 12 janvier 2012

Spécial il y a 25 ans. Les films de 1987


Tout d'abord je souhaite à tous mes lecteurs -avec un retard de 15 jours!- une bonne année 2012 et je les remercie chaleureusement car, un an après la création de ce blog (fin janvier 2011), j'aurai atteint le chiffre d'environ 5000 visiteurs, ce qui a dépassé largement mes prévisions et m'a obligé à continuer en dépit de ma première affirmation (je demande pardon pour m'auto-citer):
Encore un blog sur le fle! J'ai été amené à le construire à cause d'un cours de "moodle" où il s'agit d'une tâche obligatoire. Il faudra donc voir si je continue à le faire croître après car je n'aime pas trop encombrer le net (on s'y perd avec autant de trucs) mais sait-on jamais...
Eh oui, j'ai bien fini par devenir un autre accro des blogs, j'en ai découvert plusieurs d'excellents au cours des nombreuses recherches que tout blogeur doit effectuer pour élargir ses connaissances et réunir toutes les informations qui se trouvent éparpillées sur la Toile. Finalement un blogeur travaille souvent comme le constructeur d'un puzzle, jeu de patience où la récompense vient après le travail de recherche et d'assemblage de toute les petites pièces qui le composent.
Mais revenons à nos moutons, j'avais promis cette deuxième partie pour les films d'il y a 25 ans en m'occupant cette fois-ci de l'année 1987 - toutes les personnes qui sont nées cette année-là auront 25 ans en 2012, moi j'en aurai deux fois plus (snif, snif!) - et en reprenant la métaphore du puzzle je me suis trouvé face à un problème que je n'avais pas eu lors de mon premier article sur les films de l'année 1986: Dans tous les cas j'avais trouvé au moins un extrait de chaque film en guise d'illustration. Or, cette fois-ci, il me manque plusieurs pièces: Impossible de trouver une séquence vidéo -que ce soit sur Youtube ou ailleurs- pour certains des films de cette compile 1987. En réalité, ce manque d'intérêt pour le cinéma français à cette époque-là ne peut pas nous surprendre car -je cite le Box-office France 1987-:
Avec 136,9 millions de spectateurs, l'année 1987 marque un point bas (la baisse se poursuivra mais sera moins forte) de l'importante baisse de fréquentation du milieu des années 1980 qui sera suivi d'une phase de relative stabilité (1988/1995 - autour de 130 millions de spectateurs) (...) le cinéma français (...) connait une baisse sensible de sa part de marché à 36%, record de l'époque (la part de marché était précédemment autour de 45%).
Les «coupables» de cette baisse sont naturellement les chaînes privées (La Cinq, M6...) sans oublier le grand nombre de vidéoclubs qui font leur apparition à cette époque-là et qui en diffusant un grand nombre de films vont affaiblir le quota des spectateurs des salles de cinéma à partir de la seconde moitié des années 1980. 
Nous sommes donc dans une période creuse, ce qui semble expliquer le manque d'intérêt pour les films de cette époque-là. Il est vrai que parmi les 20 titres proposés, uniquement Au revoir les enfants et Le grand chemin peuvent être considérés comme le must de l'année et que le reste est assez éloigné pour ce qui fait la qualité artistique... Quoi qu'il en soit, le visionnage de tous ces autres films serait à recommander, même si le but n'est que de passer un moment agréable en oubliant les tracas de la vie quotidienne.
Bref, pour les films qui n'ont pas leur petite séquence vidéo sur Youtube -ou même pas d'article sur la Wikipédia!- je renvoie à la page cinéma-français.fr où, bien entendu, nous trouvons une excellente description de chacun des films en question.

Agent trouble de Jean-Pierre Mocky est un thriller d'espionnage basé sur un polar américain: The man who loved zoos. Avec, dans les rôles protagonistes, le tandem Catherine Deneuve et Richard Bohringer (que nous reverrons aussi dans Le grand chemin). La présence de Catherine Deneuve, même si le travail n'est pas à la hauteur de Le dernier métro, semble un atout suffisant pour voir ce film.

En voici un extrait


Les ailes du désir (Der Himmel über Berlin) est une co-production franco-allemande du réalisateur Wim Wenders. Histoire de deux anges qui se promènent dans les rues de Berlin (avant la chute du mur). L'un d'eux tombera amoureux d'une trapéziste et comme les anciens dieux de la mythologie décidera de renoncer à son immortalité pour assouvir son désir. Ce film me fait penser à un autre, beaucoup plus moderne de Luc Besson (Angel-A) où il est aussi question d'anges et d'histoire d'amour en employant la photographie en noir et blanc pour illustrer cette vision «angélique». Une curiosité du film est la présence de l'acteur américain Peter Falk, le célèbre Columbo, qui s'auto-interprète.



Claude Zidi, connu pour sa trilogie Les Ripoux (Les Ripoux, Ripoux contre Ripoux et Ripoux 3) mais surtout pour être le premier à avoir passé au grand écran la BD d'Astérix avec des acteurs en chair et en os (Astérix et Obélix contre César), est également le réalisateur d'Association de malfaiteurs, un film qui nous montre tout ce qui peut arriver quand des copains (anciens étudiants de l’H.E.C) ont l’idée de monter un canular destiné à un camarade un peu naïf –le raté du groupe– en lui faisant croire qu’il a gagné au loto. Puis ils voudront le tirer de l’embarras où ils l’ont mis quitte à devenir des fugitifs en cavale.


Nous arrivons au top de cette liste: Personne ne pourra nier qu'il s'agit du meilleur film de l'année et les 7 Césars avec lesquels il s'est vu récompensé (plus un Lion d'or à la Mostra de Venise, plus une nomination pour l'Oscar au meilleur film étranger) en disent long sur sa qualité artistique. Au revoir les enfants est donc le chef d'œuvre de Louis Malle basé sur des événements que le propre réalisateur avait vécus et qui le hantaient depuis des années. La réalisation du film sera une manière de se libérer, en partie, d'un traumatisme qui devait l'accompagner toute sa vie.
Janvier 1944. Dans le collège tenu par les pères Carmes, Julien un jeune pensionnaire y revient après la pause de Noël. C’est l’occasion de retrouver les camarades et aussi trois nouveaux, un desquels, Jean Bonnet sera son voisin dans le dortoir. D’abord repoussé par Julien et les autres (un nouveau n’était pas forcément bien accueilli) Jean finira par s’intégrer dans le groupe puis par devenir l’ami de Julien qui, fasciné par son intelligence, va l’étudier de près jusqu’à percer son secret : Jean Bonnet –de son vrai nom Jean Kippelstein– et les autres nouveaux sont en réalité des juifs cachés par le père Jean. Or, la France occupée regorgeait de collabos: Les enfants seront dénoncés et arrêtés, le collège fermé et le père Jean également déporté par la Gestapo. Le titre finalement choisi pour ce film se trouve dans la scène finale lorsque les enfants en s'adressant au père Jean lui disent « Au revoir, mon père » et celui-ci répond avec un ému « Au revoir, les enfants ».
  
25 ans après, un classique incontournable du cinéma français.

Basé sur le roman éponyme de Guy des Cars, romancier à "romans de gare", La Brute est quand même un travail intéressant ne serait-ce que par la fascination que le personnage central, Jacques Vauthier, peut exercer sur le lecteur/spectateur.  Aveugle et sourd-muet de naissance, il parvient malgré tout  à communiquer grâce à son intelligence (on se demande comment quelqu'un privé de tout ça peut développer son intellect, mais soit...) et à écrire, en braille, son autobiographie. Lors d'une croisière il sera surpris après un crime,  l'arme -un coupe-papier- à la main, complètement maculé du sang de la victime qui faisait la cour à sa femme. Difficile de croire à son innocence dans ces conditions-là... Un avocat va pourtant tenter le pari d'accepter son dossier. À signaler que le rôle de l'épouse est jouée par l'actrice catalane Assumpta Serna. Je suis vraiment désolé de ne pas pouvoir offrir un petit extrait de ce film, mais, comme je l'ai indiqué avant, il s'agit d'un de ces films pour lesquels aucune vidéo n'est disponible. Merci de me contacter pour combler la lacune au cas où quelqu'un pourrait en afficher une petite séquence.


Champ d'honneur, de Jean-Pierre Denis (ne pas confondre avec Champs d'honneur, d'Olivier Vinuesa en 2005) est aussi un film de 1987 qui nous raconte l'histoire de la rencontre entre un soldat français et un petit garçon prussien tous les deux perdus au milieu de la guerre de 1870 qui opposait les deux camps.
Et voici la bande annonce d'Allo-Ciné, la référence universelle pour le cinéma:


Comédie! (pas de lien sur Wikipédia, voyez plutôt par là) de Jacques Doillon est une comédie plutôt dramatique dans laquelle Jane Birkin et Alain Souchon tiennent les rôles principaux. Ceci dit, rien d'étonnant que la BOF soit le seul document «vidéo» que nous trouvons. Ce duo peut être écouté également sur l'album Ultra moderne solitude (1988).


Basé sur le roman de Françoise Sagan, De guerre lasse de Robert Enrico (voir le résumé de l'histoire par là) est également un film de guerre à l'époque de la Résistance, mais il parle plutôt des passions humaines du trio protagoniste (Nathalie Baye, Pierre Arditi et Christophe Malavoy). Un film où la critique n'a pas été très favorable que ce soit les spécialistes où les spectateurs (une moyenne de 2/5 selon les commentaires d'AlloCiné) ce qui expliquerait peut-être l'absence de documents vidéos sur la Toile.


Toujours la guerre, mais Fucking Fernand -surtout avec un titre pareil!-  nous dit clairement que nous sommes en pleine comédie et qu'il s'agit d'un film pour s'éclater, un point c'est tout. Fernand (Thierry Lhermitte) est un aveugle qui rêve aux plaisirs de la chair qu'il n'a pas encore eu l'occasion de connaître car il vit chez les bonnes sœurs de l'Institut du Bon Pasteur depuis le début de sa cécité à l'âge de 8 ans. Il sera aidé  pour cela par son compagnon de circonstances, un truand en cavale appelé André Binet (rôle joué par Jean Yanne) qui l'emmènera dans une maison close.

La bande annonce de ce film


Nous arrivons à présent à l'autre sommet de ce recueil des films d'il y a 25 ans. Le grand chemin avait été nommé pour le César 1988 au meilleur film, finalement remporté par Au revoir les enfants comme nous avons déjà vu, cependant il avait obtenu  celui du meilleur acteur pour Richard Bohringer et celui de la meilleure actrice pour Anémone. L'histoire se passe en 1959 à Rouans, un petit village de la campagne nantaise. Claire est la mère de Louis -un garçon de 9 ans- mais elle se trouve enceinte et séparé du père. Pour pouvoir accoucher tranquillement elle décide de déposer son fils chez une amie d'enfance, Marcelle (Anémone). La vie au village sera d'abord un choc pour le petit Parisien, mais très vite il deviendra l'ami de Pelo (Richard Bohringer) le mari de Marcelle et surtout de Martine, la petite voisine, une fillette de son âge -beaucoup plus espiègle que lui- qui lui fera découvrir des tas de choses qui fascinent les gosses de cet âge. Mais sa plus grande découverte sera le secret caché par le couple Marcelle-Pelo. Au final, comme le dit l'affiche du film, «Le bonheur est dans le pré».

Une séquence du début du film. À ne pas regarder si vous aimez Bugs Bunny!


Comme la Wikipédia n'offre qu'un résumé très superficiel de Les innocents, d'André Téchiné, je renvoie par ici à l'article beaucoup plus détaillé de la page cinéma-français.fr. Même si ce drame n'est pas à la hauteur du mythique Ma saison préférée, tourné 6 ans après, il aurait bien mérité une petite place parmi les vidéos de Youtube , Dailymotion, etc. ou, du moins, avoir la possibilité de regarder la bande annonce sur la page d'AlloCiné qui a laissé cet onglet vide. Par contre, si vous sous contentez des photos vous pourrez les voir sur ce site consacré au réalisateur mais surtout à l'acteur Simon de la Brosse -qui s'est suicidé en 1998 et qui jouait le rôle de Stéphane dans le film- (voir par là).


Josiane Balasko dirige et interprète Les keufs, une comédie où elle joue le rôle d'une inspectrice de police très particulière qui n'hésite pas à se déguiser de prostituée pour s'infiltrer dans les réseaux de proxénètes. Elle se verra dans une situation délicate quand l'un de ceux-ci décidera de se venger d'elle en l'accusant de corruption à l'IGS (la police des polices). Écartée de l'affaire, elle devra se débrouiller toute seule. Elle comptera cependant avec la collaboration d'un inspecteur de race noire, Blaise Lacroix -Isaac de Bankolé- qui avait joué le rôle de mac et qui finira par devenir son amant. Un autre des rôles de ce film est joué par le regretté Ticky Holgado. Bref, une comédie qui a tous les attributs pour nous procurer une heure et demie de plaisir.

Ici une séquence avec Jean-Pierre Léaud, le patron de Josiane Balasko


Lévy et Goliath se situe également dans le groupe de comédies policières à rebondissements, avec des flics déguisés, des méchants "très méchants", des filles aux mœurs légères et tutti quanti. Lors de son mariage, Moïse Lévy, un juif orthodoxe qui travaille pour un diamantaire, revoit après plusieurs années son frère Albert qui, lui, a renié de la foi juive. La rencontre ne se passe pas trop bien, trop de choses éloignent les deux frères qui se quittent froidement. Plus tard, le destin changera quand au cours d'une livraison de poudre de diamants, des trafiquants de drogue profitent des bagages de Moïse pour y cacher de la cocaïne. Les deux substances étant visuellement identiques le quiproquo est servi. Poursuivi par le gang des dealers (dont le chef n'est autre que le "méchant" Goliath) Moïse devra se "déguiser", et pour cela abandonner ses vêtements de juif orthodoxe, en se laissant aider par une prostituée et par son frère qui vient à son secours. Bientôt, il adoptera les points de vue de ce dernier et se laissera séduire par une belle beurette prénommée Malika. Une fin tout à fait prévisible, mais, une fois de plus, il ne faut pas oublier ni le genre du film ni son époque! Certains des détails évoquent un plus vieux film de Gérard Oury, le réalisateur, je parle naturellement de  Les aventures de Rabbi Jacob (1973) avec Louis de Funès. Or, Lévy et Goliath serait plutôt le revers du premier film où pour échapper à la poursuite il fallait se déguiser en rabbin...

Ici, la bande annonce du film


Maladie d'amour -article vide pour ce qui fait le synopsis sur la Wikipédia (voir plutôt par là)- est un drame qui nous raconte ce qui se passe quand un jeune interne d'hôpital, Clément (Jean-Hugues Anglade), affecté au département de cancérologie, a la mauvaise idée de tomber amoureux de Juliette (Natassja Kinski), la fiancée  de son supérieur, le professeur Raoul Bergeron (Michel Piccoli). Quand ce dernier apprend la liaison il n'hésitera pas à briser la carrière de son subordonné. Clément et Juliette s'enfuient, mais celle-ci sait bien qu'elle est un obstacle pour l'avenir de Clément et décide à contrecœur de le quitter, malgré l'amour qu'elle ressent pour lui, et rejoindre Raoul. Clément, quant à lui, va refaire sa vie. Le temps s'écoulera puis, le vieux professeur finira par se rendre à l'évidence et diagnostiquer le mal qui touche son épouse: Celui-même du titre!

Ici, la séquence finale du film. À ne pas regarder si vous voulez le voir en entier!


Philippe Noiret incarne l'inspecteur Molinat, dans Noyade interdite, un film policier où il devra enquêter dans une petite station balnéaire de l'Atlantique (le film a été tourné à Saint-Palais-sur-Mer et dans les alentours de Royan) quand un cadavre apparaît sur la plage. L'inspecteur devra partager son enquête avec un confrère, Leroyer, qui est venu en principe pour l'aider mais qui va enquêter aussi sur le passé de Molinat. Or, celui-ci avait eu une liaison sentimentale avec une jeune fille, Élisabeth, (Élisabeth Bourgine) qu'il avait protégée, 10 ans auparavant, quand il avait fermé les yeux face à une escroquerie immobilière dans laquelle elle s'était impliquée. L'apparition d'un deuxième cadavre puis d'un troisième va ajouter de la pression à une affaire déjà assez chauffée. Molinat aime bien visiter la villa qu'Élisabeth partage avec deux autres jeunes femmes -pour pouvoir la revoir- mais au même temps il sent bien qu'elles lui cachent quelque chose...

Voici la bande annonce:


Dans L'œil au beur(re) noir (sic), Rachid (interprété par Smaïn) a une drôle de stratégie pour draguer avec les filles qui l'intéressent: Il envoie deux complices pour les agresser et il apparaît juste à temps pour les "sauver"! Or un jour qu'il utilise ce stratagème pour la énième fois, en voulant séduire la belle Virginie, l'affaire tourne mal: Ce sont les soi-disant agresseurs qui se font tabasser et c'est un vrai sauveteur qui apparaît cette fois-ci, Denis, un jeune peintre antillais aussi fauché que Rachid. Le black et le beur (d'où le jeu de mots facile du titre du film) vont devenir amis malgré la rivalité qui les oppose puisque tous les deux sont tombés amoureux de Virginie et vont se mettre à la recherche d'un appartement car la jeune fille , qui est prête à les aider, travaille comme agente immobilière pour son beau-père. Cependant les parents de Virginie partagent les préjugés contre les "bronzés de naissance". Une situation qui nous rappelle la chanson de Zebda, Je crois que ça va pas être possible: À propos, merci pour être de retour!
La vidéo de la bande annonce apparaît sur quelques pages (voyez par exemple celle-ci) mais sans fournir de code pour l'insertion.


Bertrand Tavernier est le réalisateur de  La Passion Béatrice, ce drame de famille du Moyen Âge, tourné dans le château cathare de Puivert (dans la région de Quercorb, département de l'Aude) est un film historique qui retrace la malédiction d'une famille, les Cortemart, le patriarche de laquelle, François (Bernard-Pierre Donnadieu), avait été marqué depuis tout petit par la violence de l'époque. Beaucoup plus tard, il part à la guerre (début de la guerre de Cent ans) avec son fils et ils sont faits prisonniers des Anglais à la bataille de Crécy. Sa fille Béatrice (Julie Delpy) fera alors l'impossible pour payer la rançon et ainsi délivrer son père et son frère. Mais François a trop souffert et il est marqué à jamais, toutes les horreurs qu'il a absorbées l'ont transformé en un monstre capable des pires abominations comme le constatera la pauvre Béatrice. La fin est aussi totalement prévisible.

La bande annonce sous-titrée en espagnol.


Arrivés à ce point, on se demande où est Gérard Depardieu puisqu'il n'est pas encore apparu...Si, si, le voilà: Dans Sous le soleil de Satan c'est lui qui tient le rôle protagoniste de l'abbé Donissan. Le film n'est rien d'autre que l'adaptation du roman homonyme de Georges Bernanos, véritable chef d'œuvre de la littérature française du  XXe siècle (1926). Un grand nombre de critiques ont souligné que le film ne pouvait pas être au même niveau que le roman (toujours l'éternelle dispute entre cinéma et littérature) et que l'adaptation était, somme toute, assez plate ne permettant pas aux acteurs de briller. De toute évidence, ce n'est pas ce que Depardieu a fait de mieux ni non plus le rôle de Mouchette (Sandrine Bonnaire qui jouait aussi dans Les innocents, voir plus haut). Le film a pourtant remporté la palme d'or au festival de Cannes en 1987...sous les sifflets du public de journalistes qui avaient parié pour le film Les ailes du désir dont j'ai déjà parlé. Maurice Pialat, le réalisateur, leur réplique, en levant le poing: «Si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus». La polémique dure encore 25 ans après: Lisez cette critique sur AlloCiné par exemple! Enfin, je pense qu'il ne faut pas exagérer tout de même! Le film ne méritait peut-être pas la palme d'or, mais de là à dire qu'il s'agit d'un navet...

Une séquence de ce film sur lequel les avis sont partagés...


Tandem est un film de Patrice Leconte pour lequel celui-ci a gagné le César au meilleur réalisateur. Le tandem qui donne le titre à cette comédie dramatique est celui formé par Bernard Rivetot (Gérard Jugnot qui n'avait -jusqu'à la date- interprété que des rôles comiques) et Michel Mortez (Jean Rochefort). Depuis 25 ans, Rivetot est l'homme à tout faire de Mortez, la star radiophonique du jeu «La langue au chat», il le conduit dans sa vieille break Ford  de village en village et prépare toute l'intendance pour assurer le succès de ce programme radiophonique. La routine semble installée entre les deux hommes lorsque Rivetot apprend que l'émission va être supprimée. Sachant à quel point ce jeu radiophonique signifie tout pour Mortez, Rivetot fera l'impossible pour lui cacher la vérité et ira jusqu'à simuler une émission qui en fait n'est pas diffusée. L'émission radiophonique de ce film s'inspire en réalité du célèbre concours de France Inter «Le jeu des 1000 francs» et son présentateur Lucien Jeunesse qui n'avait pas trop apprécié la version caricaturale que faisait de lui  Jean Rochefort dans ce film.

Une séquence enregistrée directement sur un poste de TV, mais c'est déjà ça!


Et le dernier de la vingtaine de titres de l'année 1987 est Travelling avant de Jean-Charles Tacchella où nous retrouvons Simon de la Brosse que nous avions déjà vu dans Les innocents (voir plus haut). Travelling avant est -avec ce titre, ça ne pouvait en être autrement- un hommage au cinéma, un peu dans la lignée que deux ans plus tard les Italiens ouvriront avec Cinéma Paradiso. 1948, Nino (premier rôle de Thierry Frémont) monte à Paris  parce que c'est là où il peut assouvir sa passion de films. Il rencontre Donald (Simon de la Brosse)  dans une salle de banlieue et l'amitié va naître entre les deux cinéphiles. Donald, un jeune comme lui, mais issu d'un milieu aisé, rêve de devenir réalisateur. Nino voudrait pouvoir ouvrir son propre ciné-club mais c'est un fauché... ce qui explique pourquoi c'est toujours Donald qui séduit les jeunes filles, comme Barbara  (Ann-Gisel Glass) qui se croise sur le chemin des deux camarades. Si Barbara s'éprend de Donald, pour ce dernier elle ne signifie rien d'autre qu'une simple aventure.  Nino, de son côté a connu Janine (Laurence Côte), une ouvreuse dont l'oncle pourrait leur céder un soir par semaine une salle de cinéma.
Encore un film que personne n'a affiché sur le Net. Si quelqu'un possédant ce film avait la gentillesse d'en afficher un extrait ou la bande annonce, ça me ferait bien plaisir!




jeudi 1 décembre 2011

Spécial Il y a 25 ans. Les tubes de l'année 1987

Comme promis, voici le deuxième volet pour les chansons que tout le monde écoutait en 1987 et qui ont cartonné à la radio pendant plusieurs semaines. Certaines sont toujours «à la mode» grâce à l'énorme qualité vocale de leurs interprètes... ou à des remixes plus ou moins réussis. D'autres ont eu un succès plus discret. Quoi qu'il en soit, impossible de ne pas aimer cette compile 87 que j'ai, encore une fois, limitée à 14 titres, alors si vous avez un penchant pour quelque auteur qui ne figure pas dans ma sélection, ne m'en voulez pas trop. J'ai conservé deux noms par rapport à l'année précédente: Mylène Farmer et Marc Lavoine, et j'ai doublé la présence de France Gall, une artiste qui m'a toujours plu et qui mérite bien un hommage particulier car elle signe à cette époque-là un retour en force qui a fait histoire.

1) Je commence pareil que je l'ai fait pour ma compile 86 (voir par ici): Le hasard veut que le premier de la liste soit aussi une voix disparue, Gérard Blanc avec sa ballade Une autre histoire, un titre qui s'est vu récompensé par le Grand Prix de la SACEM. Dans le clip, tourné dans le désert marocain, (tiens, encore une coïncidence avec L'Aziza de Balavoine!) on peut voir Gérard Blanc à côté de l'animatrice Annie Pujol qui a débuté la même année dans la Roue de la Fortune. La chanson commence 50 secondes après le début du clip: Soyez patients!

Voici le clip sous-titré:

2) Julien Clerc, un ex de France Gall, sort en 1987 son quatorzième album studio, Les Aventures à l'eau. De cet album, le titre Hélène (curieusement le nom de sa compagne actuelle, une fillette à l'époque... Faut-il croire au destin?) a connu plus de succès que le reste.

Les paroles en bas: 

Le satin noir sur son teint blanc
Avoue peignoir que c’est troublant
Ho, ho
Avoue c’est troublant
Je noierais bien ses courtisans
Mais j’en prendrais pour 110 ans
Au moins
Au moins 110 ans

Hélène, j’suis pas Verlaine
Mais j’t’écris quand-même
Que j’t’aime Hélène

Laisse-moi devenir ton amant
Seul montagnard de tes Monts Blancs
Ho ho, de tous tes Monts Blancs

Hélène
Je vais perdre haleine
Mais je t’crie quand-même
Que j’t’aime Hélène

Tout San Francisco Bay voudrait tant
Que je m’en aille
J’en perds mon alphabet
J’aime tant la lire en braille

Si tu jettes pas tous ces Don Juan
Moi je retourne chez ma maman
Ho ho, moi chez ma maman
Hélène

Tout San Francisco Bay voudrait tant
Que je m’en aille
J’en perds mon alphabet
J’aime tant la lire en braille

Le savon noir sur ses seins blancs
Avoue baignoire que c’est troublant
Ho ho, avoue c’est troublant

Hélène, j’suis pas Verlaine
Mais j’t’écris quand-même
Que j’t’aime Hélène
Hélène

Hélène, je vais perdre haleine
Mais j’t’crie quand-même
Que j’t’aime Hélène

3) Le chanteur suisse Stéphan Eicher devient très populaire en France vers 1986-1987. Cette année-là, il sort son album Silence avec des titres en anglais, en français et en allemand. Eicher est un parfait exemple de polyglotte et de métissage culturel ou de «multiculturalité» comme on dit de nos jours. De cet album, la chanson qui a triomphé en France est, sans doute, Combien de temps.

Les paroles en bas:

L'ombre de mes cils un seul regard
L'ombre de mes cils comme un rempart
Le plaisir facile les amours d'un soir
Meurent d'un oubli subtil dans le nœud d'un foulard
Combien de temps combien de temps
Si on restait face à face sans un mot
Sans une gomme qui efface
Combien de temps combien de temps
Et je bois je bois
Et je suis saoul de toi saoul de toi

L'ombre de mes cris flèches invisibles
L'ombre de mes cris comme une cible
Les mots inutiles sourires illusoires
À vos questions futiles je réponds au hasard
Combien de temps combien de temps
Si on restait face à face sans un mot
Sans une gomme qui efface
Combien de temps combien de temps
Et je bois je bois
Et je suis saoul de toi

Ces jours-là j'ai de la peine
À vivre loin loin de toi
J'ai de la folie plein les veines
Je bois je bois et je suis saoul de toi
Combien de temps
Combien de temps combien de temps
Si on restait face à face sans un mot
Sans une gomme qui efface
Combien de temps combien de temps
Et je bois je bois et je suis saoul de toi


4) Après Libertine, (voir Les tubes de l'année 1986) Mylène Farmer continue son ascension musicale l'année suivante avec deux singles qui vont faire, une fois de plus, un tabac. Il s'agit de Tristana et, vers la fin de l'année, Sans contrefaçon, chanson qui a connu également plusieurs reprises et dont voici d'abord la version avec juste les paroles sur l'écran:



Ou si vous préférez voir le clip original de Laurent Boutonnat:




5) Et c'est le tour de France Gall! 1987 est une année magique pour Isabelle. Le 3 avril c'est la sortie de son album Babacar, où il y a la chanson qui porte le même nom, mais aussi le fantastique Ella, elle l'a qui a donné par la suite de nombreuses reprises, et Évidemment (voir le clip par ici) un hommage du couple Gall-Berger à leur ami Daniel Balavoine.
L'histoire de Babacar est bien connue: Au cours d'un voyage au Sénégal, dans le cadre de l'opération humanitaire Action Écoles - opération lancée entre d'autres par Daniel BalavoineFrance Gall rencontre une jeune maman, Fatou, qui a un petit bébé. Celle-ci aborde la chanteuse qui lui demande d'abord le nom du bébé (Babacar) puis reste médusée quand la jeune maman tente de lui offrir Babacar parce que, délaissée par le père de l'enfant, elle n'a pas les moyens de l'élever! Sous le choc, France Gall part sans mot dire, mais plus tard, de retour au Sénégal, elle retrouve la petite famille et peut finalement, avec son mari Michel Berger, les aider et leur assurer un avenir convenable.


Ici le clip avec des sous-titres:


6) Quant à Ella, elle l'a , il s'agit naturellement d'un hommage, mais complètement différent: Ella Fitzgerald venait de fêter ses 70 ans, il ne fallait pas attendre à son décès -9 ans après- pour la proclamer reine du jazz et de la musique noire américaine et reconnaître ainsi son immense talent artistique. C'est ce que les adaptations ultérieures de Ella, elle l'a n'ont pas compris. Quand on voit, par exemple, le clip de Kate Ryan qui s'exhibe dans la cabine de l'avion on se demande où est passé le message! (C'est un hommage à Ella Fitzgerald ou une pub d'une compagnie aérienne?). Dans la version d'Alizée, (voir le clip par ici) la mise en scène n'est pas mal, mais la qualité vocale est trop éloignée de la performance de France Gall. Dans tous les cas, c'est clair: Rien ne vaut la version originale! La voici:

Les paroles en bas


C'est comme une gaieté
Comme un sourire
Quelque chose dans la voix
Qui paraît nous dire "viens"
Qui nous fait sentir étrangement bien

C'est comme toute l'histoire
Du peuple noir
Qui se balance
Entre l'amour et l'désespoir
Quelque chose qui danse en toi
Si tu l'as, tu l'as

Ella, elle l'a
Ce je n'sais quoi
Que d'autres n'ont pas
Qui nous met dans un drôle d'état
Ella, elle l'a
Ella, elle l'a
Ou-ou ou-ou ou-ou ou
Elle a, ou-ou ou-ou ou-ou ou, cette drôle de voix
Elle a, ou-ou ou-ou ou-ou ou, cette drôle de joie
Ce don du ciel qui la rend belle

Ella, elle l'a
Ella, elle l'a
Elle a, ou-ou ou-ou ou-ou ou
Ella, elle l'a
Elle a, ou-ou ou-ou ou-ou ou

Elle a ce tout petit supplément d'âme
Cet indéfinissable charme
Cette petite flamme


Tape sur des tonneaux
Sur des pianos
Sur tout ce que Dieu peut te mettre entre les mains
Montre ton rire ou ton chagrin
Mais que tu n'aies rien, que tu sois roi
Que tu cherches encore les pouvoirs qui dorment en toi
Tu vois ça ne s'achète pas
Quand tu l'as tu l'as

Ella, elle l'a
Ce je n'sais quoi
Que d'autres n'ont pas
Qui nous met dans un drôle d'état
Ella, elle l'a
Ella, elle l'a ...



7) 1987 est aussi l'année où Jean-Jacques Goldman sort son cinquième album studio: Entre gris clair et gris foncé, un album d'une très belle qualité avec des titres qu'on ne se lasse jamais d'écouter comme: Il changeait la vie, Puisque tu pars, Quelque part quelqu'un, Ella a fait un bébé toute seule  ou Peur de rien blues, qui, comme son titre l'indique, montre bien quelle est l'influence musicale de base. Mais si l'on me demande la chanson que je préfère, je suis de l'avis de la majorité: Je vote pour Là-bas. Ce duo avec la chanteuse Sirima, brutalement assassinée par son compagnon en décembre 1989, restera comme l'un de ses rares monuments de la musique qui sont encore et toujours capables de nous émouvoir.

Retrouvez les paroles en bas


Là-bas
Tout est neuf et tout est sauvage
Libre continent sans grillage
Ici, nos rêves sont étroits
C'est pour ça que j'irais là-bas

Là-bas
Faut du cœur et faut du courage
Mais tout est possible à mon âge
Si tu as la force et la foi
L'or est à portée de tes doigts
C'est pour ça que j'irais là-bas

N'y va pas
Y'a des tempêtes et des naufrages
Le feu, les diables et les mirages
Je te sais si fragile parfois
Reste au creux de moi

On a tant d'amour à faire
Tant de bonheur à venir
Je te veux mari et père
Et toi, tu rêves de partir

Ici, tout est joué d'avance
Et l'on n'y peut rien changer
Tout dépend de ta naissance
Et moi je ne suis pas bien né

Là-bas
Loin de nos vies, de nos villages
J'oublierai ta voix, ton visage
J'ai beau te serrer dans mes bras
Tu m'échappes déjà

Là-bas
J'aurai ma chance, j'aurai mes droits
N'y va pas
Et la fierté qu'ici je n'ai pas
Là-bas
Tout ce que tu mérites est à toi
N'y va pas
Ici, les autres imposent leur loi
Là-bas

Je te perdrai peut-être là-bas
N'y va pas
Je me perds si je reste là
Là-bas
La vie ne m'as pas laissé le choix
N'y va pas
Toi et moi, ce sera là-bas ou pas
Là-bas
Tout est neuf et tout est sauvage
N'y va pas
Libre continent sans grillage
Là-bas
Beau comme on n'imagine pas
N'y va pas
Ici, même nos rêves sont étroits
Là-bas
C'est pour ça que j'irais là-bas
N'y va pas
On ne pas laissé le choix
Là-bas
Je me perds si je reste là
N'y va pas
C'est pour ça que j'irais là-bas
N'y va pas…


8) Dire Guesch Patti c'est dire Étienne, son seul succès... mais quel succès! Il résonne encore dans les têtes de tous ceux qui avons vécu cette époque: «♪♫Étieeenne-Étieeenne-Étienne, hmm tiens-le bien♫♪». Le clip, tourné presque intégralement en noir et blanc pour faire plus sérieux, recherchait pourtant la provocation avec le strip-tease de l'artiste, un peu dans la ligne que nous avons vu pour Mylène Farmer depuis Libertine (voir plus haut). Cependant, les influences pour ce travail sont assez claires: Les clips de Michael Jackson -le référent pour tout le monde ces années-là- et la voix de Tina Turner. Si la carrière musicale de Guesch Patti, ancien petit rat de l'Opéra de Paris, ne s'était pas estompée après Étienne, on aurait peut-être pu parler d'une Tina Turner française!


Voici d'abord une version en faux-karaoké:


Puis le clip original...
L'instant de la dispute chorégraphiée dans le bar (vers la minute 2:30) rappelle le Beat it de Michael Jackson (et que dire du blouson utilisé par Patti!).


9) Indochine était le groupe phare dans les années 1980. Tous les ados de l'époque raffolaient d'Indochine et même le grand Serge Gainsbourg avait réalisé pour eux le clip Tes yeux noirs (un hit de l'année 1986). Le groupe, qui a fêté il y a peu ses 30 ans, n'a plus les membres qui le composaient dans les années 1980, excepté Nicola Sirkis le chanteur et fondateur du groupe. Le cofondateur Dominique Nicolas a quitté le groupe en 1994 et le frère jumeau de Nicola Sirkis, Stéphane, est décédé en 1999. 
On pourrait donc considérer l'année 1987 comme le dernier moment de gloire d'Indochine pendant cette décennie, puisque les années 1990 sont pour eux des années noires et il faut alors attendre 2002 pour assister à un renouveau du groupe.
Si Gainsbourg avait signé le clip que nous venons de commenter en 1986, ce sera le tour de Marc Caro (le génial co-réalisateur, avec Jean-Pierre Jeunet, de Delicatessen) de réaliser celui de 1987: Les Tzars.

Clip avec uniquement les paroles sur l'écran..


Clip original de Marc Caro...


10) Mademoiselle chante le blues est une chanson sortie en avril 87, mais il faudra attendre plus d'un an (novembre 1988) pour voir l'album qui porte le même titre. C'est lors de la rencontre entre Patricia Kaas et Didier Barbelivien que ce dernier lui offre ce titre que Nicoletta avait refusé parce qu'elle aurait souhaité que le compositeur modifie son texte. Ce sera une aubaine pour Patricia Kaas, car Mademoiselle chante le blues va signifier pour elle le début de son immense succès postérieur qu'elle va maintenir sans problèmes pendant toute la décennie des années 1990. Pendant tout ce temps elle a réuni autour d'elle toute une foule d'admirateurs parmi lesquels je me compte. Cette nouvelle Barbara de la chanson française, comme on l'a appelée parfois, a une qualité vocale exceptionnelle qui justifie parfaitement tous ses triomphes sur scène.
Pour la petite anecdote, dire que Gérard Depardieu avait déjà remarqué la chanteuse deux ans avant Barbelivien, dans le cabaret de Sarrebruck où elle se produisait tous les samedis soirs, mais la chanson qu'Élisabeth, l'épouse de Depardieu, avait écrite pour elle (Jalouse) avait été un fiasco.

Une version "live" de Mademoiselle chante le blues


Y'en a qui élèvent des gosses au fond d’un HLM
Y'en a qui roulent leurs bosses du Brésil en Ukraine
Y'en a qui font la noce du côté d'Angoulême

Et y'en a même

Qui militent dans la rue avec tracts et banderoles
Y'en a qui en peuvent plus de jouer les sex-symbols
Y'en a qui vendent l'amour au fond de leurs bagnoles

Mademoiselle chante le blues
Soyez pas trop jalouses
Mademoiselle boit du rouge
Mademoiselle chante le blues

Y'en a huit heures par jour qui tapent sur des machines
Y'en a qui font la cour masculine féminine
Y'en a qui lèchent les bottes comme on lèche des vitrines
Et y'en a même

Qui font du cinéma, qu'on appelle Marilyn
Mais Marilyn Dubois s'ra jamais Norma Jean
Faut pas croire que l'talent c'est tout c'qu'on s'imagine

Mademoiselle chante le blues
Soyez pas trop jalouses
Mademoiselle boit du rouge
Mademoiselle chante le blues

Elle a du gospel dans la voix et elle y croit

Elle chante le blues...

Y'en a qui s'font bonne sœur, avocate, pharmacienne
Y'en a qui ont tout dit quand elles ont dit je t'aime
Y'en a qui sont vieilles filles du côté d'Angoulême
Et y'en a même

Qui jouent femmes libérées
Petit joint et Gardénal

Qui mélangent vie en rose et image d'Épinal
Qui veulent se faire du bien sans jamais s'faire du mal
Mademoiselle chante le blues...


11) Même si le succès est un peu moins notable que pour Le parking des anges (voir Les tubes de l'année 1986) Nous retrouvons dans le top 50 de l'année 1987 un Marc Lavoine en pleine forme et toujours si incisif avec Le monde est tellement con. Un titre toujours d'actu;-)!

Les paroles en bas:
 

Tu… tu dors peut-être
Moi je ne peux pas
Par la fenêtre
J'vois la terre en bas
Ici tout me dépasse
Même le silence
Et les aiguilles qui passent
Sur ton absence
À quoi tu rêves ?
As-tu des envies ?
Connais-tu la fièvre ?
Froisses-tu ton lit ?

[Refrain] :
Le monde est tellement con
J'ai envie de partir d'ici
M'en aller sans raison
Ne plus donner signe de vie
Respirer d'autres bars
Essayer d'autres lits
Me perdre par hasard
Oublier qui je suis {x2}


Je sais que c'est ridicule
Mais c'est plus fort que moi
Je déambule
Je fais l’tour de moi
Et si tout me dépasse
C'est que je suis un lâche
Comme ces aiguilles qui passent
Autant qu'il nous détache

[Refrain]

Oh tu dors peut-être
Moi je ne peux pas
Par la fenêtre
J'vois la terre en bas
Le monde est tellement...tellement

[Refrain]

12) Maxime Le Forestier (né en 1949)  est, avec France Gall (1947) et Jean-Jacques Goldman (1951) le troisième grand monstre de la chanson française présent dans cette compile 87. Le titre présenté ici, Né quelque part, a signifié pour l'artiste un renouveau, après une période creuse. Il faut dire qu'avec autant d'années de carrière musicale, tous ces artistes ont forcément une période «creuse», «noire» ou de «traversée du désert» comme disent après les critiques... On ne peut pas être éternellement au top! Et cela s'applique à tous les mortels et à tous les domaines.
La chanson de Maxime Le Forestier Né quelque part s'inspire, en particulier pour le titre, d'une chanson de Georges Brassens, La ballade des gens qui sont nées quelque part (Le clip par ici). Il s'agit d'un thème du genre «World» avec un clair message antiraciste. «J'ai eu envie de faire cette chanson parce que j'ai eu peur que la France se ferme et si la France se ferme, je ne vois pas quel pays pourrait être ouvert!» a déclaré Le Forestier.
Né quelque part inclut cette petite phrase en zoulou: «Nom’inqwando yes qxag iqwahasa» et qui veut dire: «Quand on a l'esprit violent, on l'a aussi confus». Un message que je partage tout à fait.

Les paroles en bas:


On choisit pas ses parents,
on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus
les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher
Être né quelque part
Être né quelque part
Pour celui qui est né
C'est toujours un hasard
Nom'inqwando yes qxag iqwahasa x2

Y a des oiseaux de basse cour et des oiseaux de passage
Ils savent où sont leur nids, quand ils rentrent de voyage
Ou qu'ils restent chez eux
Ils savent où sont leurs œufs

Être né quelque part
Être né quelque part
C'est partir quand on veut,
Revenir quand on part

Est-ce que les gens naissent

Égaux en droits
A l'endroit
Où ils naissent?

Nom'inqwando yes qxag iqwahasa

Est-ce que les gens naissent

Égaux en droits
A l'endroit
Où ils naissent?
Que les gens naissent
Pareils ou pas

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher

Je suis né quelque part
Je suis né quelque part
Laissez moi ce repère
Ou je perds la mémoire
Nom'inqwando yes qxag iqwahasa
Est-ce que les gens naissent... ?


13) Caroline Loeb est une artiste qui a fait un peu de tout. Elle est actrice, animatrice à la radio, compositrice, metteuse en scène... et j'en passe! En tant que chanteuse, elle a, comme Guesch Patti, un seul grand tube que tout le monde connaît plus ou moins bien (je veux dire que tout le monde est capable de fredonner sans effort). Oui, je parle de C'est la ouate. Un succès non seulement en France mais aussi dans une grande quantité de pays d'Europe et d'Amérique Latine. Le titre a fait l'objet d'une grande quantité de versions, d'adaptations et de parodies. Comme curiosité, il faut dire que C'est la ouate a grimpé jusqu'à la position 5 du Top 50 en France mais a été devancé par l'Espagne (nº3) et surtout par l'Italie (nº1).

Ici, une version parfaite avec des sous-titres.


14) Je crois ne pas exagérer si je dis que Vanessa Paradis devait chanter déjà dans son  berceau. À 8 ans elle fait sa première apparition à la télé dans L'école des Fans de Jacques Martin (voir le clip sur la page ina.fr). Elle était vraiment mignonne! Plus tard, à 14 ans, et bien qu'étant encore une ado, elle avait déjà l'allure et le savoir-faire d'une femme plus âgée: On lui aurait volontiers donné entre 16 et 18 ans ! Le cas de Vanessa Paradis est le paradigme parfait de ce que le mot précocité veut dire et la chanson Joe le taxi deviendra, non pas un simple tube mais un véritable big bang... Tout le monde tombe sous le charme de Vanessa et la chanson fait un véritable tabac, un succès si foudroyant qu'il va déborder toutes les prévisions: Numéro 1 pendant 11 semaine en France, mais également nº 1 en Belgique, en Suisse, au Canada, en Israël, nº3 au Royaume-Uni (où l'on n'avait jamais vu une chanson française si bien classée depuis le Je t'aime...moi non plus de Serge Gainsbourg et Jane Birkin et c'était en 1969!).
Bref, Joe le taxi... c'est la folie et cela va lui créer également une légion de jaloux/jalouses. Trop de choses à gérer pour une enfant de 14 ans malgré sa maturité apparente. Elle parviendra néanmoins à s'en sortir et à entamer, en dépit de ce succès trop rapide, une belle carrière comme chanteuse et comme actrice.
La rencontre -en 1998- de son compagnon l'acteur américain Johnny Depp (avec qui elle a deux enfants) est malheureusement, le seul détail connu par certains de mes élèves qui réagissent en disant "Ah, oui! C'est la femme de...". Enfin, j'espère que désormais, Vanessa Paradis sera aussi connue en Espagne pour son nom et pas uniquement pour celui de son conjoint...
Un dernier détail: Comme pour tous les grand tubes, Joe le taxi a aussi des versions "actuelles" pour les amateurs des genres dance, electro house, etc. que vous trouverez facilement en ajoutant "2009", "2010" ou "2011" après le titre, ce qui me rappelle ce que je disais au début de ce long post. À présent on ne compose plus: Maintenant on remixe. C'est plus facile, quoi!


Comment ne pas tomber amoureux d'elle? Sacré veinard ce Johnny Depp!


Joe le taxi,
Y va pas partout,
Y marche pas au soda.
Son saxo jaune
Connaît toutes les rues par cœur,
Tous les p'tits bars,
Tous les coins noirs
Et la Seine,
Et ses ponts qui brillent.
Dans sa caisse,
La musique à Joe,
C'est la rumba,
Le vieux rock au mambo.
Joe, le taxi,
C'est sa vie,
Le rhum au mambo,
Embouteillage.
Il est comme ça,

Rhum et mambo
Joe - Joe - Joe.
Dans sa caisse,
La musique à Joe résonne.
C'est la rumba,
Le vieux rock au mambo bidon.
Vas-y Joe,
Vas-y Joe,
Vas-y fonce,
Dans la nuit, vers l'Amazone,
Joe le taxi,
Et Xavier Cugat,
Joe le taxi,
Et Yma Sumac,
Joe - Joe - Joe,
Joe, le taxi,
C'est sa vie,
Le rhum au mambo,
Embouteillage,
Joe le taxi,
Et les mariachis,
Joe le taxi,
Et le cha-cha-chi,
Joe le taxi,
Et le cha-cha-chi,
Vas-y Joe,
Vas-y fonce,
Dans la nuit, vers l'Amazone.

Joe le taxi,
Et le cha-cha-chi...


Voilà, c'est fini: Ces 14 titres de 1987 choisis à partir d'une liste plus longue -où j'ai dû sacrifier quelques-uns qui m'intéressaient un peu moins- sont une belle collection de bijoux, vous ne trouvez pas? Un grand merci à tous ceux et celles qui ont apprécié mes compiles 1986 et 1987 !