Rechercher dans ce blog

samedi 29 octobre 2011

Spécial Il y a 25 ans. Les films de 1986


Suite logique de mon post antérieur, dans celui-ci je vous présente une sélection des films français -ou de co-production française- de l'année 1986.
Pour ce qui est des films, «La date de naissance» est parfois difficile à établir: Parle-t-on de la date de réalisation? De la date de sortie? J'ai choisi ce dernier critère pour confectionner cette liste car la majorité des films ne sortent pas forcément l'année de réalisation mais plutôt l'année suivante, ou parfois même plus tard.
Il y a sur la Toile de bonnes adresses avec la liste complète des films (réalisés dans ce cas-là en 1986) et entre parenthèses la date de sortie: Voir ici.
Ou bien, une autre adresse qui offre également des liens vers la fiche détaillée de ces films avec, en prime, l'affiche qui illustre tous les films un par un: Voir par là.
Finalement pour ne pas faire trop lourd, je passe également ce dernier lien sur le box-office de l'année 1986, où nous trouvons la liste de tous les films (français et étrangers) qui ont réussi à dépasser le million d'entrées cette année-là. On y trouve aussi l'information suivante: «Cette année, 372 films sortent sur les écrans...». Ouf! Quant à moi, je me suis limité à 20 films en prenant comme critères la qualité artistique et / ou le nombre d'entrées.
Encore une fois ma liste est ordonnée alphabétiquement, les articles n'étant pas pris en compte. Bien entendu, l'ordre chronologique aurait compliqué les choses pour essayer de trouver la date "exacte" de chaque film...

Pour commencer, 37°2 le matin , un film de Jean-Jacques Beineix. Un de ceux, nombreux, qui partagent l'étiquette de «film-culte».
Le curieux titre est une référence à la température normale, au réveil, d'une femme enceinte.


Un film d'animation, Astérix chez les Bretons, une co-production franco-danoise a été réalisé en 1986 par Pino Van Lamsweerde. Le film s'étant inspiré, bien entendu, de l'album éponyme du héros gaulois le plus connu du monde entier, mais avec pas mal de changements par rapport à la BD. Ajoutons, comme curiosité, que les séquences où apparaît le pirate noir avaient été censurées par la télévision britannique, celle-ci les jugeant comme "un stéréotype raciste". On a l'impression d'avoir trop entendu cette musique-là: Devons-nous, à présent, brûler notre album Tintin au Congo?


Thomas Gilou dirige le magistral et regretté Jacques Villeret dans une comédie intitulée Black Mic Mac. Oh, oui... les stéréotypes "racistes" sont encore présents pour ceux qui aiment chercher la petite bête! Les autres y voient une comédie amusante, un point c'est tout.


Francis Girod avait signé en 1986 Descente aux enfers, un film qui fait monter la température, car en Enfer, commme tout un chacun le sait, il fait chaud, mais si c'est en compagnie de Sophie Marceau, la température augmente encore ;-)
Si descendre aux enfers avec elle vous tente et que vous voulez la voir dans son bain, allez par là. (Cette vidéo ne fournit pas le code pour l'insertion).



















Encore un film de l'admirable Jacques Villeret: Les frères Pétard du réalisateur Hervé Palud a vu le jour en 1986. La comédie étant le registre où l'acteur se sentait plus à l'aise, le futur François Pignon du Dîner de cons, avait tourné 4 films au total cette année-là!


À propos du personnage «François Pignon» de Francis Veber, nous allons en trouver un «exemplaire» dans Les fugitifs, un film  où le dénommé Pignon sera interprété par Pierre Richard qui jouera à côté de Gérard Depardieu. Une autre comédie à se tordre de rire.


Toujours dans les comédies, La gitane, de Philippe de Broca, récolte pas mal de succès en racontant une autre histoire où les chercheurs de stéréotypes racistes auront toujours à redire...la gitane du film étant une voleuse! Que dire? À ces personnes-là je ne leur recommande surtout pas de lire les premières lignes de la nouvelle La gitanilla (wiki en espagnol) de Miguel de Cervantes !(wiki en français). Sauf s'ils tiennent vraiment à souffrir d'une crise cardiaque!


 Je réunis à présent 2 films en une seule entrée car ce sont les 2 volets d'une même histoire et aussi parce qu'il s'agit, pour moi, du meilleur qui a été produit en 1986. L'adaptation magistrale de l’œuvre de Marcel Pagnol, L'eau des colines, dans ses deux parties: Jean de Florette et Manon des sources, les deux réalisées par Claude Berri avec un bon nombre des monstres sacrés du cinéma français réunis dans une histoire touchante -l'esprit de Pagnol a été admirablement conservé- où les acteurs ont produit une performance magique.
Croyez-moi, dans ces 2 films tout est bon! Et surtout on ne se lasse pas de les revoir. 25 ans après, ça vaut toujours le coup: Faites-en l'expérience!

Jean de Florette (avec Gérard Depardieu dans le rôle de Jean)


Manon des sources (avec Emmanuelle Béart dans le rôle de Manon)


Vous aimez la musique brésilienne? Et les paysages de l'Île d'Yeu? Dans ce cas allez voir Maine Océan. Le titre de ce film de Jacques Rozier est le nom du train Corail où les personnages vont tout d'abord se rencontrer avant de s'embarquer pour l'île d'Yeu.
Toujours de la comédie mais avec des réflexions intéressantes sur la condition et les passions humaines.


En 1986, Leos Carax nous offre Mauvais sang, un drame qui mélange histoires de gangsters, poésie, science-fiction... et j'en passe- en réunissant le même tandem (Denis Lavant et Juliete Binoche) que nous retrouverons 5 plus tard, dirigés par le même réalisateur, dans Les amants du Pont-Neuf (film  beaucoup plus apprécié par les critiques que Mauvais sang et curieusement plus coté à l'étranger qu'en France!).


Quand on parle de cote, si quelqu'un peut prétendre avoir une cote d'enfer comme réalisateur, c'est sans doute Alain Resnais, détenteur du meilleur palmarès des Césars. Pourtant, son film Mélo -qui s'inspire de la pièce de théâtre homonyme du dramaturge Henri Bernstein- a dû se contenter cette année-là d'être simplement nommé et a été devancé par Thérèse d'Alain Cavalier, dont je parlerai plus loin. Sabine Azéma (meilleure actrice) et Pierre Arditi (meilleur second rôle) ont obtenu néanmoins les récompenses respectives lors des Césars 1987 pour leurs rôles dans Mélo.

Ici, un court extrait avec Fanny Ardant et Pierre Arditi :


Le professeur de sémiotique Umberto Eco décide de se lancer dans la carrière de romancier en 1980 avec Le nom de la rose (Il nome della rosa) qui devient tout de suite un des plus grands monuments de la littérature du XXe siècle et qui, dans la foulée, va remettre au goût du jour le roman historique. J'ai l'impression que depuis Le nom de la rose, absolument tous les écrivains (les bons, les moyens et les médiocres) se sont précipités sur ce filon, apparemment inépuisable...
Le succès étant si immédiat et foudroyant, l'adaptation cinématographique ne pouvait pas manquer et Le nom de la rose (Der name der Rose) de Jean-Jacques Annaud apparaît six ans plus tard. Le film gagnera le César au meilleur film étranger, compte tenu qu'il s'agit d'une co-production franco-italo-allemande, avec, dans le rôle principal, un Sean Connery qui signera sans doute la meilleure performance artistique de toute sa carrière.
On entend souvent qu'un roman excellent peut donner un film médiocre. Ce n'est pas le cas de Le nom de la rose. Et s'il ne faut jamais comparer le langage littéraire avec celui du cinéma, car ce dernier perd une quantité importante de détails que l'on ne peut pas conserver dans l'adaptation, il faut quand même rétablir l'équilibre entre les deux langages et récompenser l'effort que les metteurs en scène doivent faire pour raconter une histoire d'environ 500 pages en 2 heures.
Bref: Chapeau maestro Eco, Chapeau maître Annaud.


En 1985, Josiane Balasko et Michel Blanc avaient fait la mise en scène et joué dans la pièce de théâtre Nuit d'ivresse. Un an après, Bernard Nauer en fait l'adaptation cinématographique (Nuit d'ivresse, le film) en reprenant Josiane Balasko, cette fois-ci accompagnée de Thierry Lhermitte. Une comédie -mais avec des notes amères- qui raconte parfaitement ce que le titre décrit: La péripétie nocturne d'un couple complètement différent et dont la rencontre -autrement impossible- est conséquence de l'intoxication éthylique des deux protagonistes.


Mélange de drame et de fantastique, Le passage de René Manzor est surtout un essai d'Alain Delon -protagoniste, producteur et co-scénariste de ce film- pour récupérer le prestige perdu durant ces années 1980, suite logique d'une série d'échecs de public et de critique qui l'amènent à vouloir renouveler son image (voir article détaillé sur la Wikipédia). Malgré tous ses efforts, Alain Delon , qui comme dans le film aurait voulu trouver la lumière au bout du tunnel, doit se contenter, une fois de plus, d'une réussite partielle probablement inférieure à celle qu'il souhaitait. Uniquement le générique chanté par Francis Lalanne (frère du réalisateur de ce film) connaît un vrai succès.


Un film de pirates, appelé simplement comme ça (Pirates, en anglais et en français) est sorti en 1986. Il s'agit d'un coproduction franco-américaine du toujours polémique -ou, du moins, objet de controverses en permanence-réalisateur Roman Polanski. Et tout cela parce que les Américains n'ont pas dans leur droit pénal la figure juridique de la prescription, ce qui fait que monsieur Polanski soit toujours réclamé par la justice américaine pour un délit (viol sur mineure) de l'année 1977 ! Comme quoi, certains Français Devraient Se Kalmer avant de voyager aux USA. (Oui, je sais, elle est mauvaise ma blague...).
Le film, quant à lui, a obtenu un nombre d'entrées légèrement inférieur à celui d'Alain Delon que nous venons de commenter. En revanche, l'investissement (le côté américain) a été beaucoup plus lourd. Pour l'anecdote, disons que le galion espagnol du film, Le Neptune, a coûté 1 an de travaux et 8 millions de dollars et qu'il avait été assuré pour 30 millions!

Les films d'Éric Rohmer ressemblent parfois à des documentaires car ce réalisateur renonçait au scénario écrit classique (qui chez lui disparaît) et demandait aux acteurs de jouer librement sur un canevas qui leur laissait toute la liberté possible pour ce qui est de l'improvisation et de  la spontanéité. Le film se construisant ainsi petit à petit, il devenait plus vraisemblable pour le spectateur que les films classiques qui se limitent à répéter un scénario connu à l'avance.  
Le rayon vert est le cinquième film sur six de la série Comédies et Proverbes. Le titre est une allusion au phénomène optique et atmosphérique, qui, par temps clair, se produit à l'horizon marin avec le tout dernier rayon de soleil qui est perçu comme un bref éclair de lumière verte.
Chose rare sur Youtube, le film a été  affiché intégralement par quelqu'un qui doit avoir des privilèges spéciaux. De plus, avec le bouton "CC" il est possible d'avoir des sous-titre en anglais ou en espagnol. Le voici:

(Explication du phénomène vers la minute 57)

Le thème de l'homosexualité et son traitement -très osé il y a 25 ans, il suffit de lire l'affiche en bas- par Bertrand Blier a choqué les critiques et le public de l'époque. Le pari était lourd, mais Blier s'en est parfaitement sorti avec le travail de Gérard Depardieu, de Michel Blanc et de Miou Miou dans le film Tenue de soirée. Ce film raconte comment un couple qui a touché fond  -Antoine et Monique- (Blanc et Miou Miou) est «remonté» par un type dur -Bob- (Depardieu). Ce dernier étant homosexuel, il réclamera des relations à Antoine qui finira par accepter, encouragé par sa compagne, reconnaissante après avoir constaté que son niveau de vie s'était amélioré grâce à Bob. Finalement, Antoine avouera à Monique «qu'il aime ça»... La séquence vidéo présente justement ce moment de la relation du trio.


Nous arrivons à présent au film qui a remporté le prix du jury au Festival de Cannes et, l'année suivante,  le César du meilleur film réalisé en 1986: Thérèse d'Alain Cavalier, une adaptation très libre de la vie de la carmélite Sainte Thérèse de Lisieux (aussi connue comme sainte Thérèse de l'Enfant Jésus). Le film a sans doute mis mal à l'aise un certain secteur de l'Église car Cavalier -qui a gagné également le César au meilleur réalisateur pour ce travail- y questionne la sainteté de la religieuse.

Et le dernier film de la liste: La comédie Twist again à Moscou de Jean-Marie Poiré qui nous offre les typiques poursuites que les héros de ce film devront subir de la part des «méchants» du KGB. Après tout, en 1984 (date de l'action, soit 2 ans avant la sortie du film) le mur de Berlin n'était pas encore tombé! Et la Russie c'était l'URSS. Le générique du début du film va  aussi transformer les noms des interprètes principaux pour leur donner une sonorité soi-disant «slave». ainsi nous trouvons dans les rôles principaux «Philippe Noiretov», «Christian Clavierov» ou encore «Agnès Soralsky».
C'est tout. J'espère que je vous aurai donné envie de (re)voir certains de ces films. 25 ans après, si un film est bon il continue à l'être!

samedi 24 septembre 2011

Spécial Il y a 25 ans. Les tubes de l'année 1986


En reprenant les paroles d'Aznavour dans La bohème, je pourrais dire: «Je vous parle d'un temps que les moins de vingt  quarante ans ne peuvent pas connaître»...
Bof... les plus jeunes peuvent également le connaître grâce aux remakes et à ce mouvement pendulaire de la mode qui consiste à remettre au goût du jour ce qui a été créé il y a au moins 20 ans
Alors pourquoi «Il y a 25 ans»? Au seuil de la cinquantaine serais-je atteint du virus de la nostalgie? Non. Enfin, pas plus que d'habitude, puisque vu le panorama actuel - notre époque «post-11S» - l'envie d'exclamer Ah! Le bon vieux temps!  (en espagnol le dicton Cualquier tiempo pasado fue mejor  est nettement plus descriptif)  devient un besoin pressant.
L'explication est beaucoup plus simple: Le cours scolaire 1986-1987 correspond au démarrage de l' Escola Oficial d'Idiomes de Lleida (c'est la boîte où je bosse pour ceux qui ne l'ont pas encore remarqué). L'EOI de Lleida fête donc ses noces d'argent ce qui réclame l'hommage correspondant. Les activités extrascolaires prévues pour ce cours ont tout naturellement le thème des 25 ans.
Prêts pour ce voyage dans la machine à remonter le temps? J'allais dire ce «Voyage, voyage» (lol -ou mdr, si vous préférez-). Commençons donc par les tubes de l'année 1986. C'est parti! 

Histoire de ne pas faire de jaloux, j'ai décidé de présenter cette liste dans l'ordre alphabétique des 14 interprètes qui la composent. Pour la confectionner j'ai fait les recherches correspondantes sur Internet mais j'ai pu également profiter de mon expérience personnelle (en 1986 j'habitais en France et j'écoutais pas mal la radio!)
1) La disparition tragique de Daniel Balavoine en ce début d'année 1986 va déclencher qu'une de ses chansons les plus connues - L'Aziza - de l'album Sauver l'amour (1985) sera diffusée sans cesse par toutes les radios en arrivant au nº1 du top 50. À l'époque, je me souviens que le refrain me martelait la tête sans arrêt: "Danse avec moi, Si tu crois que ta vie est là...". Retrouvez par ici les paroles.
Je suis quand même convaincu qu'il s'agit d'une belle chanson avec son message anti-raciste (ce qui lui a valu le prix SOS racisme en décembre 1985). Je dis cela parce que les détracteurs de Daniel Balavoine ont affirmé que c'est sa mort tragique ce qui lui a ouvert la porte d'un succès posthume. Évidemment, je ne partage pas cette opinion gratuite et injuste.

Voici le clip original:



2) Le tube français de l'année 1986 qui a l'honneur d'être le plus connu en Espagne est celui de Desireless: Voyage, voyage. Que de souvenirs! La première fois que les gens avaient vu cette chanteuse ils se demandaient s'il s'agissait d'un homme, d'une femme ou d'un extraterrestre. Son look, très osé pour l'époque, est resté dans la mémoire collective. Qui a oublié cette superbe coupe de cheveux en brosse?
Je ne prends pas la peine d'ajouter les paroles: Des dixaines de pages vous les proposent (Méfiez-vous pourtant des erreurs d'orthographe trop fréquentes sur le net). Cette chanson a été reprise par Kate Ryan et c'est pourquoi les nouvelles générations la connaissent si bien...

Ici le clip original:
  
3) L'animatrice Dorothée a eu aussi sa petite place dans la liste des tubes de cette année-la avec Maman extrait de l'album homonyme.

Amusant, comme tout ce que Dorothée réalise!


4) Elsa, ou Elsa Lunghini si vous préférez, ajoute la note sentimentale à ce répertoire. Voici sa chanson T'en va pas (va sans -s final malgré le nombre de gens qui l'écrivent ainsi...ce qui prouve encore une fois que la plupart ignore la conjugaison de l'impératif en français!).

Ici une version bilingue sous-titrée correctement en français!
 (Le reste je ne sais pas, mais je fais confiance) :)


5) Si Elsa apporte la touche sentimentale, Mylène Farmer, quant à elle, va apporter la note érotique voire scandaleuse en se montrant toute nue dans son clip Libertine. (Une autre chanson reprise plus tard par Kate Ryan) Les paroles se voulaient également scandaleuses: «Je suis libertine, je suis une catin». Ce clip, qui s'est inspiré du film Barry Lindon est l'œuvre de Laurent Boutonnat qui, depuis cette première collaboration, est devenu presque l'alter ego de Mylène Farmer.

Le film complet «Libertine» (Les Saxons l'appellent la version "uncensored").


6) Avec une esthétique musicale qui correspond parfaitement aux eighties  nous trouvons le groupe Gold qui triomphait en 86 avec son Capitaine abandonné.

Voici la version avec uniquement  les paroles sur l'écran:


7) Nous trouvons également un tube de l'année 86 interprété par Françoise Hardy. Oui, d'accord, ce n'est peut-être pas ce qu'elle a fait de mieux -en plus ce n'est même pas une composition personnelle- mais la voix de Françoise Hardy est toujours un atout! Il s'agit du thème VIP with a great dose of english, quand même!

Et voici la version longue de cette chanson:


8) Images est l'autre groupe qui partage avec Gold l'esthétique musicale eightie et l'origine (les deux groupes sont toulousains). En 1986 Images va lancer son plus grand succès: Les démons de minuits. Pour des raison évidentes ce thème n'a pas triomphé au Vatican!

Voyez pourquoi:


9) Marc Lavoine -qui est né juste un mois et un jour avant moi!- venait de débuter sa carrière musicale en 1985 avec son premier album qui porte son nom. L'année suivante, il obtient un grand succès avec son Parking des anges qui nous rappelle, encore une fois, ce look androgyne dont le paradigme parfait serait Desireless. Alors passons des démons aux anges... C'est vrai que le hasard fait bien les choses!

Marc Lavoine et son Parking des anges:


10) Une autre chanteuse du club de ceux qui sommes nés en 1962 - un club nombreux car, cette année-là, le baby boom battait son plein- est la chanteuse belgo-portugaise Lio. Connue en Espagne -et dans toute l'Europe- surtout grâce à Amoureux solitaires (1981), son tube de l'année 1986 (Les brunes comptent pas pour des prunes) triomphe en France mais s'exporte beaucoup moins, ce qui n'a rien d'étonnant si nous considérons les difficultés de traduction d'un tel titre - à plus forte raison si l'on veut conserver la belle rime!

 Version "blablatisée" de cette chanson:


11) La chanteuse française, mais originaire d'Alicante, Jeanne Mas, a une trajectoire irrégulière avec des années de gloire, un déclin puis un renouveau (voir le lien de la Wikipédia). En tout cas, l'année 1986 correspond à cette période initiale de fraîcheur et de succès rapide: Le tube En rouge et noir est peut-être l'une des références les plus connues de cette artiste.

Ici, Le clip avec les paroles:


12) Une autre chanteuse hispanophone -uruguayenne, dans ce cas- est Elli Medeiros. Elle habite en France depuis l'âge de 14 ans, où très jeune elle a commencé sa carrière musicale. En 1986 elle lance un hit qui a déjà fait l'objet de reprises: Il s'agit de Toi mon toit



13) Le dernier groupe 100% eightie dans cette liste alphabétique est Partenaire Particulier. Un groupe qui, comme beaucoup d'autres groupes des années 1980, prenait comme nom celui de leur chanson de présentation (c'est sans doute une astuce publicitaire!). Voici donc leur carte de visite: Partenaire Particulier, une chanson qui colle...

Une bonne version pseudo-karaoké.

Mais attention, à 1:41 ce n'est pas "fragiles" mais "coincés" qu'on entend.
(La plupart des paroles sur la Toile donnent à cette place "fragile", qui, d'emblée, est incorrect puisque ça ne rime pas!)


14) Et pour terminer, celle qui est connue pour d'autres raisons que sa carrière musicale: Stéphanie de Monaco... en effet, après avoir été la cible préférée de la presse à scandales depuis qu'elle avait survécu dans l'accident qui provoqua la mort de sa mère (1982), elle débute  précisémment en 1986 avec Ouragan,  un titre que Jeanne Mas avait pourtant refusé, et qu'elle enregistre une deuxième fois sur la face B de son 45 tours avec la version anglaise appelée "Irresistible". Puis, c'est le succès immédiat... parce qu'il s'agit d'une princesse diront les malveillants? À vous de juger!

Le clip avec les paroles -en version pseudo-karaoké- mais je trouve que c'est bien comme ça!


Voilà, j'espère que vous aurez apprécié tous ces morceaux. Dès que j'aurai le loisir de le faire, j'envisage de continuer ce "Spécial 25 ans" avec le cinéma et la littérature dans de prochains posts. Je souhaite, également, pouvoir bientôt continuer avec une révision de l'année 1987, une année très intéressante du point de vue musical (Ella, elle l'a de France Gall pour ne citer qu'un seul et merveilleux exemple).

à suivre

mercredi 27 juillet 2011

Spécial: La mer


La mer me fascine depuis que j’étais tout petit…en réfléchissant sur le sujet je me suis aperçu qu’un couple d’amis français, que je rencontre habituellement sur la plage, a 3 filles prénommées Marine, Alizée et Océane… De toute évidence mes amis sont des adorateurs de Neptune et de la beauté des flots. Il n’en pourrait être autrement ! En cherchant bien, on trouve toujours plus fort que soi…Que dire alors d’un Alain Bombard qui, dans son expérience du Naufragé volontaire, a prouvé que la survie en mer est possible pendant une longue période sans vivres et sans eau douce ! Bien que sa thèse (boire environ 900 g d’eau de mer par jour) reste toujours très polémique, ce qui m’intéresse de l’individu c’est sa passion, sa folie pour l’océan, sans laquelle il n’aurait jamais réalisé son exploit (traverser l’Océan Atlantique : 65 jour de navigation en solitaire sur un petit canot pneumatique). Voici un extrait de la conclusion de « Naufragé volontaire » :

Le voyage de l’Hérétique est terminé. Je vais lutter maintenant pour que mon hérésie soit comprise et devienne l'ortho­doxie des futurs naufragés.
Tout naufragé peut atterrir au moins en aussi bon état que moi. J'étais un naufragé comme les autres. Je n'étais pas physi­quement exceptionnel. J'ai déjà eu, dans ma vie, trois jaunisses et souffert, après la guerre, de graves affections dues à la sous-alimentation. Rien ne me prédisposait donc à cette traversée. Je suis arrivé diminué, certes, mais je suis arrivé vivant.
Je le répète, il ne s'agit pas de bien vivre, mais de survivre assez de temps pour gagner la terre ou rencontrer un navire.
J'affirme, maintenant, que la mer nous donne suffisamment « à boire et à manger » pour entreprendre, avec confiance, le voyage vers le salut.
Pendant les soixante-cinq jours du trajet des Canaries aux Antilles, je n'ai pas eu de chance particulière et, en aucun cas, mon voyage ne peut être considéré comme un exploit téméraire comme une exception.
Alain Bombard lors de son exploit en 1952. À gauche une édition de Naufragé volontaire.

Alors, si vous aussi avez le pied marin et partagez cette passion pour la mer je vous invite à naviguer avec cette sélection des plus belles chansons qui en parlent. Premier port : La mer de Charles Trenet le classique des classiques qui a même donné de quoi faire de l’humour …voyez sinon :
Astérix chez Rahàzade. Dans cet album d'Astérix, le barde Assurancetourix ne finira pas bâilloné et ligoté à la fin de l'aventure!

La mer -  Charles Trenet
(Chanson créée en 1943 dans le train Narbonne-Perpignan)

Plus tard, Hugues Aufray nous offre son Santiano (1961) (adaptation d’un thème anglais qui est devenu l’un des plus célèbres chants de marins) :

Santiano : vidéo sous-titrée. Je pense pourtant que ce n’est pas  « Hisse et ho » mais « Hissez haut ! » Enfin, on a sans doute voulu retourner l’expression « Ho hisse »… 



Un peu plus tard le grand Moustaki nous régale avec La mer m’a donné, deuxième thème de son album Le Métèque (1969) . Pour l’occasion, c’est avec plaisir que j’ai moi-même préparé cette vidéo sous-titrée.


Renaud, l’irrévérent, détruit l’image poétique de la mer avec Dès que le vent soufflera ( « La mer c’est dégueulasse, les poissons baisent dedans ») dans une chanson qui fait pourtant les délices de ses admirateurs. Du coup, pour les besoins de la rime, il détruit également la langue française : « Je repartira / Nous nous en allerons / Nous repartira / Je me n’en allerons… »).  Dès que le vent soufflera serait un peu le contrepoint voire la dérision directe de Santiano, texte qui lui sert de leitmotiv et qu’il reprend d’ailleurs : « C’est un fameux trois mâts fin comme un oiseau » « Hissez haut »….
Dès que le vent soufflera apparaît en 1983 dans l’album Morgane de toi.


 
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme, Tatatin
Moi la mer elle m'a pris
Je m' souviens un mardi
J'ai troqué mes santiags
Et mon cuir un peu zone
Contre une paire de docksides
Et un vieux ciré jaune
J'ai déserté les crasses
Qui m' disaient « Sois prudent
La mer c'est dégueulasse
Les poissons baisent dedans »
[Refrain:]
Dès que le vent soufflera
Je repartira
Dès que les vents tourneront
Nous nous en allerons
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Au dépourvu, tant pis
J'ai eu si mal au cœur
Sur la mer en furie
Qu' j'ai vomi mon quatre heures
Et mon minuit aussi
Je m’ suis cogné partout
J'ai dormi dans des draps mouillés
Ça m'a coûté des sous
C'est d' la plaisance, c'est l’ pied
[Refrain]
Ho ho ho ho ho hissez haut ho ho ho
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Mais elle prend pas la femme
Qui préfère la campagne
La mienne m'attend au port
Au bout de la jetée
L'horizon est bien mort
Dans ses yeux délavés
Assise sur une bitte
D'amarrage, elle pleure
Son homme qui la quitte
La mer c'est son malheur
[Refrain]
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Comme on prend un taxi
Je ferai le tour du monde
Pour voir à chaque étape
Si tous les gars du monde
Veulent bien m' lâcher la grappe
J'irai aux quatre vents
Foutre un peu le boxon
Jamais les océans
N'oublieront mon prénom
[Refrain]
Ho ho ho ho ho hissez haut ho ho ho
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Et mon bateau aussi
Il est fier mon navire
Il est beau mon bateau
C'est un fameux trois mats
Fin comme un oiseau [Hissez haut]
Tabarly, Pageot
Kersauson ou Riguidel
Naviguent pas sur des cageots
Ni sur des poubelles
[Refrain]
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Je m' souviens un vendredi
Ne pleure plus ma mère
Ton fils est matelot
Ne pleure plus mon père
Je vis au fil de l'eau
Regardez votre enfant
Il est parti marin
Je sais c'est pas marrant
Mais c'était mon destin
[Refrain 3x]
Dès que le vent soufflera
Nous repartira
Dès que les vents tourneront
Je me n'en allerons


1986, c’est l’année du tube de Laurent Voulzy Belle-île-en-Mer…élue meilleure chanson des années 80 lors des Victoires de la Musique de 1990. Une autre vidéo que j’ai voulu composer moi-même dans le style de celle de Moustaki: Un défilé de belles côtes à contempler pendant le visionnage de cette superbe chanson.
Voici ma vidéo pour illustrer Belle-île-en-Mer:


Et pour finir, trois bretons qui, il va sans dire, peuvent en dire long sur la mer… Oui, c’est les « Trois Jeans de Nantes » plus connus comme Tri Yann. D’abord le thème breton - reprise d’une chanson folklorique américaine - Divent an Dour / La mer est sans fin de l’album Marines (2003) .
Version en Breton:


Divent an dour n’hellan ket treuziñ
Ha n’hellan ket nijal ivez.
Fardit ur vag a zougo hon daou
Roeñviñ a rin ma c’harantez.
Bout zo ur vag a red war vor
En e zonded an donañ,
Met donoc’h c’hoazh eo ma c’harantez ;
N’ouian ma neuian pe ma veuzan.
Harpet e oan ouzh un dervennig’
Seblante din ur wezenn sur ;
Hi a blegas hag em dorras
Vel ma reas ma c’harantez.
Lakaet men dorn e-barzh ur vodenn
Evit kutuilh ar flourañ bleuenn,
Brochet mem biz betek an askorn ;     
Dilezet ’m eus ar vleuenn griz.


Traduction
Je ne peux traverser l’eau immense
Et je ne peux voler non plus.
Equipez un bateau qui nous portera tous deux,
Je ramerai, mon amour.
Il y a un bateau qui court sur mer
Dans sa plus grande profondeur,
Mais plus profond encore est mon amour ;
Je ne sais si je nage ou si je me noie.
J’étais appuyé contre un jeune chêne
Qui me semblait un arbre solide;Il plia et se cassa
Comme fit mon amour.
(J’ai) mis ma main dans un buisson
Pour cueillir la plus douce fleur,
Piqué mon doigt jusqu’à l’os ;     
J’ai laissé la fleur cruelle.


Version française: La mer est sans fin Tri Yann avec la chanteuse franco-indonésienne Anggun


LA MER EST SANS FIN

Duo TRI YANN & ANGGUN.

La mer est sans fin, je n'peux la passer,
Je n'ai pas d'ailes pour y voler,
Tendez de draps mon plus grand trois-mâts,
Il portera mon amour et moi.
Mon bateau court sur l'océan,
Chargé si lourd, si lourdement,
Pourtant moins lourd que l'amour en moi
En moi qui nage ou qui me noie.
Tout contre un chêne je m'suis adossé,
Croyant y trouver un appui,
Il a plié, il s'est brisé,
Comme mon amour il m'a trahi.
Glissant la main dans un buisson
Pour y cueillir la fleur en bourgeon,
Mon doigt à l'épine j'ai embroché,
La fleur cruelle y ait laissé.
Divent an dour, I can't cross over,
Siapkan perahu untuk kita
Fardit ur vag a zugo hon daou
Nous ramerons mon amour et moi.

Grâce à Google Traductor j’obtiens la traduction de “Siapkan perahu untuk kita” (qui voudrait dire “Préparer le bateau pour nous” mais malheureusement je n’ai rien trouvé pour “Fardit ur vag a zugo hon daou”...si quelque Indonésien peut collaborer je lui serais reconnaissant!

Puis toujours avec Tri Yann Gloire à toi Neptune  titre phare de l’album Abysses (2007).



GLOIRE À NEPTUNE

TRI YANN
Au clair de la brume,
La glue noire des marées
En éther s'est évaporée.
Voyez sur l'écume,
Les galions naufragés
En forêts se retransformer.

Gloire à toi Neptune en majesté !
Les figures de proue à gorge déployée
Chantent un nouveau jour, fa laï li lé laï lé,
Dans le ciel étoilé.

Voyez le corail
Arraché des rochers
Renaissant comme champs de blé.
Les derniers narvals
Des îles Féroë
En myriades se mettent à danser.

Gloire à toi Vénus à ta beauté,
Tes cheveux dorés par les anges séchés !

Chantent un chant d'amour, fa laï li lé laï lé,
Sur la mer apaisée.

Gloire à toi Vénus à ta beauté
Les cheveux au vent fa laï li laï li lé !
Chante un chant d'amour, fa laï li lé laï lé,
Sur la mer apaisée.

Voyez dans les voiles,
Grimpant dans les humiers,
Les marins tous ressuscités ;
Surgissant des cales
Des bateaux négriers,
Les esclaves se libérer.

Gloire à toi Neptune en majesté !
Les figures de proue fa laï li laï li lé
Chantent un nouveau jour, fa laï li lé laï lé,
Dans le ciel étoilé.





À tous, merci pour adorer la mer ! Et un dernier conseil: Respectons et protégeons les mers et les océans, le futur de notre planète y est lié!